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Entretien
Sport

"Allez-y ! Osez !"

Frédérique Jossinet, Directrice du football féminin et de la féminisation à la Fédération Française de Football (FFF)
Frédérique Jossinet, Directrice du football féminin et de la féminisation à la Fédération Française de Football (FFF)

Vice-championne olympique, double championne du monde et triple championne d’Europe de judo, elle est aujourd’hui Directrice du football féminin et de la féminisation à la FFF, en charge de l’Impact et de l’Héritage de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, France 2019. À trois mois du coup d’envoi de l’événement dont sept matches se disputeront au Havre, Frédérique Jossinet se confie.

  • lehavre.fr : Que va apporter l’organisation de la Coupe du Monde féminine en France ?

Frédérique Jossinet : Si Noël Le Graët, Président de la FFF, a candidaté pour organiser cette Coupe du Monde dans l’Hexagone, c’est pour que le plus bel événement de football féminin ait un impact sur les territoires des villes hôtes, et permette de développer et structurer le football et le sport féminin.

  • lehavre.fr : Le sport, c’est aussi des présidentes, des éducatrices, des bénévoles, etc. Quel héritage souhaitez-vous leur laisser ?

F.J. : En tant que responsable de l’Héritage à la FFF, nous déployons un plan stratégique autour de l’accueil de cette compétition. Notre objectif principal est de développer et structurer le football féminin pour que les femmes, quel que soit leur âge, puissent être accueillies dans les clubs et dans les meilleurs conditions qui soient. Autre ambition, féminiser toutes les familles du football pour tendre vers plus de mixité. Plus de dirigeantes, plus d’éducatrices, plus d’arbitres, etc. pour encadrer aussi bien la pratique féminine que masculine. Plus de femmes aussi dans les instances fédérales, ligues, districts.

  • lehavre.fr : En tant qu’ancienne sportive, avez-vous remarqué des évolutions dans votre sport de prédilection ?

F.J. : Quand j’ai commencé le judo, la mixité existait déjà dans la pratique, et même en compétition jusqu’à un certain âge. En observant les autres disciplines, on se rend compte que la mixité est davantage un postulat de base dans les sports individuels que collectifs. En arrivant à la FFF, le simple fait de parler de football féminin, et d’ajouter « féminin » derrière la discipline, était un changement par rapport au judo où on ne parle jamais de judo féminin mais juste de judo.

  • lehavre.fr : Quel regard portez-vous sur la médiatisation du sport féminin ?

F.J. : En 2011, il y avait 7 % de sport féminin diffusé à la télé ; aujourd’hui, on est à plus de 20 %. Il y a eu une prise de conscience du CSA, et une réelle évolution impulsée par les diffuseurs. Cela a eu aussi un impact positif dans les titres de presse écrite, quotidienne ou magazine, spécialisée sport ou non. C’est une vraie avancée.

  • lehavre.fr : Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’une carrière sportive ?

F.J. : Comme toutes les petites filles, on a besoin de modèles. En 1992 aux JO de Barcelone, j’ai vu Cécile Nowak devenir championne olympique de judo ; la première médaille d’or de la délégation française. Je me suis mise à rêver !  Dans le football aussi, on a besoin de modèles, peu importe l’identité ou le profil, pour que des joueuses deviennent entraîneurs, arbitres ou la future Amandine Henry.

  • lehavre.fr : Un souvenir précis de votre carrière ?

F.J. : Mon plus beau souvenir, c’est évidemment ma finale aux JO d’Athènes, dans le berceau de l’Olympisme. J’ai rapporté la première médaille (argent) à la délégation française en 2004. Quand on est monté sur le podium, on nous a posés sur la tête la fameuse couronne de laurier. Aucun athlète n’était au courant avant la compétition. Un gage de motivation supplémentaire car dès lors, tous rêvaient d’être couronnés.

  • lehavre.fr : Quel(s) rêve(s) nourrissez-vous pour cette Coupe du Monde ?

F.J. : Des stades pleins pour pousser et encourager toutes les équipes. Ce sera aussi un marqueur de réussite et le témoignage de la qualité du spectacle proposé sur et en dehors des terrains. Une ferveur populaire, dans tout l’Hexagone, équivalente à celle de 1998, 2018 ou même en 2016 avec l’Euro masculin en France. Je rêve évidemment que l’Équipe de France décroche sa troisième étoile, la première pour les féminines. Ce serait extraordinaire pour les joueuses et le staff, mais aussi pour le Président Le Graët, engagé depuis 8 ans dans la féminisation du football.

  • lehavre.fr : Un conseil, un message à transmettre aux jeunes filles ou femmes ?

F.J. : Allez-y ! Osez ! Notre société évolue, et même si quelques femmes sont encore laissée-pour-compte, une nouvelle génération débarque, conquérante, décomplexée, avec plus de confiance en soi. Je veux surtout dire aux parents : laissez votre enfant, votre petite fille jouer au football, et devenir peut-être cette joueuse, qui au-delà de rêver, gagnera des titres…et pourquoi pas en Équipe de France.