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CaféInk, un espace culturel plus qu'un salon de tatouage

Mathieu Coussin a jeté l'encre au Havre à bord de son CaféInk

Une galerie d’exposition ? Un café ? Un magasin de bijoux ? Le CaféInk est tout à la fois. Tableaux accrochés au mur, bustes sculptés au-dessus du comptoir en bois, baby-foot, livres : « C’est un lieu de vie », résume son patron Mathieu Coussin. Si vous dressez l’oreille, vous percevez un bruit, telle la roulette du dentiste. À l’étage, gantés, dermographe* à la main et pied sur la pédale, des tatoueurs œuvrent, chacun dans son box. Leurs faisceaux d’aiguilles déposent l’encre sur la peau. Sur un avant-bras, l’un dessine des nuages en mouvement ; à côté, l’autre trace Peace of Mind sur un dos. Ouvert en avril 2015 en centre-ville, entièrement dédié au Body Art (tatouage et piercing), le CaféInk accueille trois tatoueurs résidents et des invités de passage.

« En quelques décennies, le tatouage est passé de la contre-culture et de la marginalité à la culture de masse, assure Mathieu Coussin. Ce phénomène de société s’est bien démocratisé. » On immortalise les souvenirs d’un moment, d’une époque, d’une personne ou des valeurs et des idées. Le book de CaféInk montre un paysage charentais tatoué sur l’avant-bras, une abeille sur l’épaule, une tête de cerf (hommage au grand-père chasseur) sur le dos avec des fleurs de cerisier roses, un ange Gabriel terrassant le dragon… Vous avez tous les styles : « minimalistes », en lignes simples ou en formes géométriques, « discrets et chics », des phrases ou des dates, ou, plus complexes, aux allures de tableaux. Il faut compter de 20 minutes pour un motif tout simple à plus de 70 heures pour un dos complet. Mathieu Coussin avait déjà ouvert un studio de tatouage à Nantes, puis longtemps voyagé, en Afrique et aux Antilles. Revenu au Havre où il a des attaches familiales, il a voulu créer un espace « culturel et commercial où les gens découvrent tranquillement ce qui peut être, au départ, un univers inconnu ».