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Camille Lecointre, médaillée de bronze en voile aux JO : « J’apprécie le soutien de mes anciens entraîneurs ! »

Après celle obtenue à Rio en 2016, Camille Lecointre rapporte en France une deuxième médaille de bronze dans l’épreuve de 470. Portrait d’une Havraise de naissance qui a vu éclore sa passion pour la voile sur le bassin du Commerce.

  • lehavre.fr : Deux médailles de bronze aux JO, un titre de championne du monde, trois de championne d’Europe : réalisez-vous que vous faites partie du top mondial de la voile et que vous vous y maintenez ?

Camille Lecointre : Je ne réalise pas encore complètement, parce que j’ai eu un peu de déception sur cette médaille de bronze, même si globalement je suis plutôt satisfaite. Mais j’ai en effet une carrière qui dure dans le temps, avec toujours autant de passion à faire ce que je fais, les résultats sont toujours là et c’est quand même génial ! Evidemment, il faut une certaine stabilité, prendre soin de soi, et que le corps suive.

  • lehavre.fr : Tout le monde a admiré votre fair-play aux JO alors que vous auriez pu prétendre à la médaille d’argent (1). C’est le bonheur ou bien la déception qui l’emporte ?

C.L. : S’il y a de la déception, elle vient plutôt de la semaine en général : c’est de ne pas avoir pu accrocher l’or tout au long de la semaine de compétition et d’arriver avec autant de points de retard en Medal Race. Je n’ai pas de déception sur la Medal Race en elle-même, c’était une situation compliquée à gérer. Sur le coup, j’ai été surprise par les manœuvres des Anglaises, qu’elles perdent des places, mais, à froid, je comprends que ce sont des choses qui arrivent et qu’il n’y avait rien de volontaire.

  • lehavre.fr : Comment se prépare-t-on à une grande compétition comme les JO quand celle-ci a été repoussée ?

C.L. : L’année dernière, la crise sanitaire a tout bouleversé, ce fut assez étrange de ne faire que de l’entraînement, de ne pouvoir disputer aucune compétition. Finalement, on se raccroche à l’objectif final, les Jeux, on l’avait toujours en ligne de mire. Mais 2020 a été dure mentalement parce que nous nous sentions vraiment prêtes. Cela nous a tout de même permis de développer du matériel, de faire plus d’essais d’équipements, de soigner les petits détails.

  • lehavre.fr : Entre les JO de Rio et ceux de Tokyo, vous avez changé de coéquipière : en 2016, Hélène Defrance, en 2021, Aloïse Retornaz. Comment un nouvel équipage se met-il en route ?

C.L. : Cela prend un peu de temps ! Il ne faut pas rester sur des choses qu’on avait l’habitude de faire avec la coéquipière précédente, notamment en termes de répartition des rôles à bord : il faut mettre un peu d’eau dans son vin, accepter de revenir en arrière sur ce que l’on sait pour construire quelque chose fonctionnant bien ensuite.

  • lehavre.fr : Votre petit garçon, âgé de quatre ans, n’a pas pu vous suivre sur la compétition à cause des conditions sanitaires. Comment a-t-il vécu ces JO ?

C.L. : D’habitude, je l’emmène partout ! Mon mari étant lui aussi sur le circuit, nous partons toujours en famille, il n’y avait jamais eu de compétition sans lui. A priori, nous l’avions bien préparé, il savait que nous allions partir longtemps. Il a été bien occupé par mes parents, n’a pas vu le temps passer, peut-être moins que moi parfois ! A notre retour, il était un peu étonné de voir tout ce monde à l’aéroport, il y a eu un temps de surprise mais il a compris que j’étais revenue avec une médaille !

  • lehavre.fr : Revenons à la naissance de votre passion pour la voile ! Comment a-t-elle débuté ?

C.L. : J’ai commencé par de l’Optimist sur le bassin du Commerce à l’âge de sept ans, j’ai suivi deux stages d’été puis j’ai pris une licence au SNPH. Ça a ensuite bien marché et je suis partie  à l’âge de 16 ans en sport-études à Brest, dans une structure disposant de beaucoup de moyens avec notamment un Pôle Espoirs qui, à l’époque, en 2001, n’existait pas encore au Havre. Nous étions également au contact des sportifs du Pôle France qui se préparaient pour les grandes compétitions. Mais si mes parents m’ont suivie en Bretagne quand j’y suis partie, j’ai encore de la famille au Havre, dont ma sœur, et je reste attachée à cette ville où j’ai passé mon enfance. J’apprécie le soutien que mes anciens entraîneurs me portent, c’est très sympa ! Sur plusieurs championnats de France, j’ai d’ailleurs retrouvé mon premier moniteur, Nicolas Guillou ! J’ai gardé aussi contact avec Cédric Chateau, mon entraîneur en 420 au Havre et avec Francis Le Goff (NDLR : directeur de la Ligue de Voile de Normandie). Ils m’ont tous félicitée pour la médaille !

(1) A la dernière bouée, les Anglaises ont étonnamment semblé laisser passer les Polonaises, permettant à ces dernières de prendre la médaille d’argent aux Françaises.