Elles font bouger Le Havre
Culture

Camille Stengel, bouger pour faire entendre sa voix

« La danse m’a offert un medium incroyable pour ne pas garder ces sentiments au fond de moi. »

Après des années de souffrances scolaires durant lesquelles elle pensait le monde entier contre elle, la danseuse havraise, Camille Stengel – plus connue sous le nom de Camille la Danseuse – rassemble des milliers d’internautes avec ses chorégraphies sur les réseaux sociaux, et fait parler son corps pour combattre le harcèlement scolaire.

LH Océanes : De jeune étudiante havraise à star des réseaux sociaux, quel a été votre parcours jusqu’au devant de la scène ?

Camille Stengel : J’ai commencé à danser dans la rue à l’âge de 12 ans. Je n’ai jamais pris de cours de danse, je suis complètement autodidacte, et ce grand terrain de jeu me permettait de m’exprimer pleinement. Un jour, la chance a tourné : on m’a repérée dans la rue lors d’une de mes sessions de danse et on m’a proposé de réaliser un flashmob. À la suite de cela, tout s’est déclenché : j’ai participé à un premier court-métrage qui m’a donné l’envie de me lancer sur les réseaux sociaux pour faire découvrir mon art. À 15 ans, grâce à cette nouvelle visibilité, j’ai tourné dans mon premier clip musical. Depuis, j’enchaîne les tournages pour de nombreuses célébrités de la musique urbaine (Aya Nakamura, L’Algérino…).

LH Océanes : Quelle place a occupée la danse dans votre long chemin de reconstruction et d’acceptation de soi ?

C.S. : La danse a occupé et occupe toujours une place immense dans ma vie et dans mon évolution. Aujourd’hui, c’est mon métier. Je suis danseuse professionnelle. À mes débuts, je dansais simplement pour le plaisir et pour m’exprimer, extérioriser mes émotions. La danse m’a offert un medium incroyable pour ne pas garder ces sentiments au fond de moi, chaque style de danse me procure une émotion bien précise. La danse moderne me permet, par exemple, d’exprimer ma mélancolie lorsque j’en ressens le besoin, alors qu’avec le dancehall, j’exprime ma colère.

LH Océanes : Hier harcelée, aujourd’hui vous utilisez votre corps pour mener votre combat face au harcèlement et aux discriminations. Ce choix s’est-il imposé à vous naturellement ?

C.S. : Tout ce que j’ai subi avec le harcèlement, c’est la danse qui m’a permis de m’en relever. C’était dur de me reconstruire une image, et grâce à cet art et à la bienveillance de la communauté qui me suit sur les réseaux sociaux, j’ai pu me reconstruire. Aujourd’hui, je suis merveilleusement bien entourée, et je remercie toutes les personnes qui me suivent pour cela.

LH Océanes : Il y a quelques années vous étiez la cible de vos camarades de classe, aujourd’hui vous êtes suivie, admirée et écoutée par des milliers d’internautes et de jeunes gens qui vivent ou ont peut-être vécu les mêmes épreuves. Quel regard avez-vous sur cette évolution incroyable ?

C.S. : Je suis extrêmement fière de tout ce chemin parcouru, c’est une vraie revanche sur mon passé, et cela me permet de « kiffer » pleinement ma vie aujourd’hui ! C’est un très beau retour de karma.

LH Océanes : Quel impact cette notoriété naissante a sur votre carrière de danseuse ?

C.S. : Je gagne ma vie grâce aux contenus et vidéos que je crée sur mes réseaux sociaux et grâce à mon art. Je fais beaucoup de partenariats musicaux, j’aide les artistes à promouvoir leur musique en créant des chorégraphies pour les mettre en lumière.

LH Océanes : Votre belle carrière en est à ses débuts. Avez-vous déjà des projets, des idées pour continuer à faire entendre votre voix et poursuivre votre engagement demain ?

C.S. : Ma première marque de vêtements devrait voir le jour cet été, si tout va bien. En parallèle, je continue de tourner dans des clips musicaux, et je compte poursuivre mon travail de prévention, via mes réseaux sociaux, pour aider les jeunes à suivre le bon chemin. J’essaye de leur donner le meilleur exemple possible pour leur bien-être, mais aussi pour rassurer leurs parents. Je donne beaucoup de conseils pour aider ces familles à traverser des périodes parfois difficiles.

LH Océanes : Aujourd’hui, quels conseils donneriez-vous à la Camille d’il y a quelques années pour l’aider à garder le cap ?

C.S. : Je lui dirais avant tout de ne pas être trop impulsive. On a tendance à prendre les choses trop à cœur, et cela peut nous détruire. Il faut apprendre à ne pas se focaliser sur la méchanceté de certaines personnes. Il faut penser à soi et prendre confiance en soi. On peut très vite se faire vampiriser par les problèmes des autres et cela attire de la négativité dans votre vie, il faut penser à son bien-être en priorité.

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