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Dernière ligne droite pour les musiciens du programme DÉMOS

Le Dispositif d’Éducation Musicale et Orchestrale à vocation Sociale (DÉMOS) touche à sa fin. Depuis bientôt trois ans, les élèves se préparent pour le grand concert qu’ils donneront à Paris. La date est posée : ce sera le samedi 18 juin.

La fin de l’aventure se profile pour les musiciens qui suivent le programme DÉMOS développé avec la Philharmonie de Paris. Initié en septembre 2019, alors que les 105 élèves du Havre et de Gonfreville-l’Orcher volontaires entraient en classe de CE2, il s’achèvera à l’été 2022 avec deux grands concerts. L’orchestre symphonique DÉMOS Le Havre Seine Métropole se produira le samedi 18 juin, dans la célèbre salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, et le samedi 25 juin au Carré des Docks du Havre.

L’occasion pour les futurs collégiens de montrer ce qu’ils ont appris au cours de ces trois années d’enseignement, bien qu’elles aient été particulièrement perturbées par la crise sanitaire. Entre distanciation sociale et cas contacts à répétition, les élèves ont rarement pu être réunis tous ensemble pour répéter. Heureusement, l’évolution de la situation semble leur offrir l’opportunité de se préparer sereinement pour les représentations à venir.

L’aventure peut aussi continuer

Mais tout n’est pas nécessairement fini en ce qui concerne la pratique musicale pour ces jeunes apprentis. Il existe une opportunité pour chaque élève de poursuivre son enseignement après les trois premières années d’apprentissage en milieu scolaire. En effet, la Philharmonie de Paris, à l’origine du projet DÉMOS qui est aujourd’hui présent sur l’ensemble du territoire français, s’engage à céder les instruments prêtés aux élèves qui s’inscriraient dans un conservatoire à l’issue du programme.

Une chance unique pour nos musiciens, si l’on considère que le prix des instruments en question peut aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. Cet engagement est en cohérence totale avec la vocation originelle de démocratisation culturelle de ce projet, qui a choisi de s’adresser à des enfants issus de quartiers prioritaires ou de zones rurales peu dotées en institutions culturelles. Au Havre, la satisfaction est au rendez-vous pour l’équipe encadrante du projet, puisque ce sont déjà une dizaine d’élèves qui ont déposé des dossiers de candidature pour entrer en CHAM (classe à horaires aménagés musique) au collège Raoul Dufy à la rentrée prochaine.

Alexandre rejoint le Conservatoire

Si Alexandre avait d’abord été tenté par l’idée d’apprendre le piano, c’est finalement avec un basson qu’il évolue aujourd’hui dans le programme. Cet instrument longiligne, au format imposant et à la sonorité souvent méconnue, n’a sans doute pas été le plus facile à apprivoiser : « C’était difficile de comprendre comment bien souffler dans l’anche au début, mais maintenant ça va. J’adore le son du basson, et j’ai un bon prof avec qui j’aime apprendre. »

Alexandre se dit un peu stressé à l’approche des concerts de fin d’année, mais il a surtout hâte de jouer au Havre afin que toute sa famille puisse venir le voir. Ce qui est sûr, c’est qu’il est d’ores et déjà inscrit pour rejoindre le conservatoire Arthur Honegger l’année prochaine, afin de continuer à apprendre la maîtrise de cet instrument qu’il a désormais adopté.

Le bassoniste, une espèce en voie de disparition
Bien qu’ayant un rôle clé au sein des orchestres, le basson n’a jamais vraiment été le plus « populaire » des instruments. Il existe, en effet, peu d’œuvres destinées à le mettre en avant. Et si Berlioz n’en semblait pas partisan puisqu’il soulignait la propension au « grotesque » de sa sonorité, il a toutefois été utilisé pour son timbre doux, grave et velouté, pour représenter à la perfection le personnage du grand-père dans le fameux Pierre et le loup de Prokofiev. Aujourd’hui, le basson a de moins en moins d’adeptes. Pourtant, en conjuguant la douceur de la famille des bois avec une tessiture grave et imposante, il se révèle unique au sein de l’orchestre et détient donc un rôle majeur. Ainsi, les bassonistes sont aujourd’hui très recherchés au sein de tous types de formations, de l’harmonie à la musique de chambre, et souvent particulièrement choyés.