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Culture

Des dons exceptionnels à la Maison de l’Armateur

Portraits de Jacques François Begouen et Jeanne Mahieu

Au Havre, les dons abondent régulièrement les collections des Musées d’Art et d’Histoire. Dernière acquisition en date : trois peintures intimement liées à la Maison de l’Armateur.

C’est l’un des traits forts du musée de l’Hôtel Dubocage de Bléville, de l’abbaye de Graville et de la Maison de l’Armateur : les dons représentent une proportion importante des collections. Comme pour tous les musées en France, ils sont strictement encadrés et doivent obtenir le feu vert de la Commission scientifique nationale des musées, qui confirme l’authenticité des objets et leur intérêt scientifique. Qu’il s’agisse d’une œuvre, d’un meuble ou d’un document, un don doit s’inscrire dans la ligne de force de l’établissement, pour nourrir un projet muséographique. Une collection répond toujours à une logique de constitution. Autour de chaque pièce, des moyens sont mobilisés pour en assurer, entre autres, la présentation au public et l’accessibilité aux chercheurs. La contribution à la diffusion de la connaissance motive souvent les dons des familles dont les aïeux sont des personnalités historiques.

Une perception sensible de l’histoire

Octobre marque l’acquisition par les Musées d’art et d’histoire de deux portraits réalisés en 1781 par Alexandre Roslin, peintre suédois qui connut la consécration dans toute l’Europe. Les donateurs sont deux fratries cousines, descendantes des familles havraises Foäche, propriétaire de la Maison de l’Armateur, et Begouen. Unies depuis le milieu du XVIIIe siècle par des mariages et des affaires communes, les Begouen et les Foäche ont été des figures de la vie commerciale et politique havraise. Représenté sur le premier portrait, Jacques François Begouen a créé au Havre l’une des premières maisons de négoce. De son union avec Jeanne Mahieu, immortalisée sur le second portrait, naîtront dix enfants, dont l’aîné, André Begouen-Demaux, sera maire du Havre de 1821 à 1830. Bambin, il est mis en scène au milieu de ses parents dans une œuvre qui a fait également l’objet d’un don. De facture moins luxueuse mais plus réaliste que les portraits exécutés par Roslin, cette scène familiale, dont on ne connaît pas l’auteur, n’en demeure pas moins le témoignage précieux d’une époque.