Entretien
Culture

Festival Pharenheit 2020 : La BaZooKa pour Solo OO

« Faire appel à l’imagination des spectateurs »
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A l’affiche du festival de danse Pharenheit, organisé par Le Phare, Centre Chorégraphique National du Havre Normandie, la nouvelle création de Sarah Crépin et d'Etienne Cuppens s’inspire des films de samouraïs.

lehavre.fr : Comment est né Solo OO ?
Sarah Crépin : Le solo était la forme de notre première pièce, et, depuis les débuts de La BaZooKa en 2002, nous y revenons régulièrement. Plus précisément, lorsque l’idée de Solo OO a émergé, nous sortions d’une pièce de groupe. La forme solo part du souhait de faire un état des lieux ce qu’il y a dans mon corps. Ce corps est mon matériau de travail, et il est mobilisé par le temps, il vieillit.
Etienne Cuppens : La forme solo est souvent raccrochée à l’intimité et à ce qui peut en découler : l’égo, le repli sur soi, la solitude dans ce qu’elle à la fois de régénérant et d’angoissant. Pour cette création, comme pour les autres, Sarah et moi confrontons et additionnons nos cultures, nos imaginaires. Sur Solo OO, nous collaborons aussi avec Marie Rual. Elle nous a aidés à ne pas nous cloisonner, et à aller plus loin.

lehavre.fr : Quelles sont vos sources d’inspiration pour cette pièce ?
S.C. : Les films de samouraïs d’Akira Kurosawa, que j’ai découverts très récemment. L’agilité, la fièvre, et la fantaisie que le réalisateur fait émerger de ses acteurs nous intéressent, ainsi que l’idée de combat. Cette idée traverse nos créations. Et puis, les films de Kurosawa sont très masculins, ce qui m’a intéressée en tant que femme.
E.C. : Nous travaillons depuis longtemps sur la représentation du corps féminin, en essayant de retourner les clichés et de les enrichir.
S.C. : La question que nous explorons est la suivante : comment continuer à combattre, à avancer, quand on n'a plus la même énergie, le même corps ?

lehavre.fr : Parlez-nous de votre collaboration avec Le Phare.
E.C. : La collaboration avec Le Phare s’est tricotée sur des désirs communs. C’est la deuxième fois qu’on joue dans le cadre de Pharenheit – notre première participation, c’était aussi pour un solo.
S.C. : Nous tournons beaucoup avec nos créations, et jouer au Havre, pour nous, c’est toujours réjouissant.

lehavre.fr : Quel rapport avez-vous avec le public?
E.C. : Nous avons remarqué que, pour certains spectacles, il est plus jeune. Avec Sarah, nous évitons les pièces trop formelles. Le but de La BazooKa, c’est de faire des propositions généreuses, ouvertes, qui fassent appel à l’imagination des spectateurs. Il faut éloigner les clichés liés à la danse contemporaine ! Au Théâtre des Bains Douches, après la pièce, on aura plaisir à discuter avec le public. Ce lieu se prête si bien à la convivialité et aux rencontres !

lehavre.fr : Vos projets pour 2020 ?
S.C. : Une énorme tournée en France et en Suisse avec notre création Pillowgraphies, que nous avons déjà présentée au Havre et dans la région.
E.C. : Nous préparons aussi une pièce de groupe, et il est possible que nous investissions Le Portique, Centre régional d’art contemporain du Havre, en fin d’année pour une performance… A suivre !

Solo OO  au Théâtre des Bains-Douches – Festival Pharenheit. Jeudi 6 février à 19 h et vendredi 7 février à 20 h. A partir de 12 ans.

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