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Un Été au Havre

Jace : "Je suis enfin considéré comme un artiste"

Un Été au Havre / Catch me if you (spray) can, de Jace
Jace : "Je suis enfin considéré comme un artiste"

Le graffeur havrais Jace revient au Havre du 19 au 25 juin 2017 pour ajouter une vingtaine de nouveaux Gouzou à ceux qu’il a déjà essaimés dans la ville en avril dernier. Interview.

  • lehavre.fr : Comment s’est monté ce projet ?
    Jace : J’ai été contacté par les organisateurs d’Un Été au Havre il y a un peu plus d’un an, maintenant. Quand ils m’ont proposé de peindre 50 Gouzou un peu partout en ville pour rythmer les quatre parcours artistiques créés pour les festivités, j’ai trouvé le projet exceptionnel et j’ai tout de suite accepté.
  • Comment prépare-t-on un travail de cette envergure ?
    J. : Réaliser 50 dessins en deux sessions d’une semaine seulement c’est monumental ! Cela demande beaucoup de concentration, un temps énorme au moment T et donc une très bonne préparation en amont. Il a fallu reconnaître les lieux, identifier des zones de travail, choisir les bons spots, sélectionner les dessins qui iraient le mieux avec chacun d’entre eux.
  • Créer 50 Gouzou originaux dans des environnements différents n’a pas dû être facile. Comment avez-vous procédé ?
    J. : En fait, j’en avais déjà pas mal en stock ! Depuis des années, j’ai pris l’habitude de me balader avec un petit carnet dans ma poche. Je note des idées, je griffonne des dessins. Beaucoup d’entre eux attendaient juste le bon moment pour sortir de l’ombre.
  • Vous laissez-vous une liberté entre le croquis de départ et le dessin que vous réalisez ?
    J. : Rien n’est jamais figé. Il y a toujours des surprises, ne serait-ce qu’en fonction de la qualité des surfaces à peindre. Certains dessins peuvent me prendre dix minutes, d’autres deux à trois heures. Mais c’est vrai, j’aime bien improviser, partir d’une base et l’enrichir au gré de l’inspiration.
  • Comment s’est opéré le choix des supports ?
    J. : J’avais un périmètre de travail prédéterminé, à proximité des œuvres installées dans la rue. Mais il y avait aussi des façades qui me faisaient de l’œil depuis des années et que j’ai pu intégrer au projet. Cela m’a également permis de découvrir de nouveaux endroits, en ville haute comme en ville basse. Et qui sait ? Peut-être bien qu’un ou deux Gouzou iront se perdre hors des sentiers battus…
  • Vos Gouzou vous ont fait connaître dans le monde entier. Comment les définiriez-vous ?
    J. : Le Gouzou c’est un peu ma marque de fabrique. On est très attaché l’un à l’autre. C’est un petit bonhomme rondouillard et facétieux mais toujours sans visage pour que chacun puisse laisser voguer son imaginaire.
  • Vous faites partie des artistes associés à la programmation d’Un Été au Havre. Quel sentiment cela vous inspire-t-il ?
    J.
     : Je suis bien évidemment fier et honoré de l’invitation. Quand j’ai commencé à graffer en 1989 au Havre, j’étais pris pour un vandale. 28 ans après, mon travail est enfin reconnu et je suis considéré comme un véritable artiste. Mon rapport avec les institutions a bien changé. Aujourd’hui, je peux prendre mon temps et travailler en toute sérénité. C’est très confortable ! Et puis, pour moi qui suis natif du Havre, participer aux 500 ans de la ville et pouvoir offrir ce cadeau à ma famille et à mes amis qui vivent ici, c’est vraiment cool.

Concours
Vous avez jusqu’au 1er octobre pour participer à la Chasse aux Gouzou et tenter de gagner une œuvre originale. Il vous suffit de prendre un selfie devant chacune des œuvres et de la poster sur Facebook ou sur Instagram avec le hashtag #CatchMeIfYouSprayCan et en taguant @uneteauhavre. Le premier qui les trouvera tous remportera une toile originale de Jace. Les 15 suivants remporteront une sérigraphie signée de l’artiste.