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"Jamais je n'aurai pu imaginer faire de ma passion, mon métier"

Alice Robbe, tenniswoman, 805e au classement WTA
Alice Robbe, tenniswoman, 805e au classement WTA

Alice Robbe, tenniswoman normande de 18 ans ayant participé en 2018 et en 2019 à l’Open du Havre, jongle entre entraînements, tournois, recherche de sponsors et études à la fac. Un emploi du temps démentiel qu’elle mène entourée de sa famille et de son entraîneur.

  • lehavre.fr : Comment êtes-vous venue au tennis ?

Alice Robbe : J’ai commencé avec mon grand frère qui jouait à Tourlaville, tout comme mes parents qui pratiquaient aussi un peu. Ils m’emmenaient régulièrement au club avec eux, c’est comme cela que ça a débuté.  Je pense qu’ils m’ont mis une raquette dans les mains dès toute petite ! J’ai fait aussi un peu de foot au lycée, mais je me suis en fait toujours consacrée au tennis.

  • lehavre.fr : Et quel a été ensuite votre parcours ?

A.R. : Après mes débuts à Tourlaville, j’ai été repérée par le Comité départemental. Je m’entraînais donc en club et avec le Département, puis avec la Ligue de Normandie. A 14 ans, je suis partie au Pôle Espoirs de la Ligue, à Honfleur, jusqu’à la fin du lycée (on ne peut pas y rester plus longtemps) et je suis à présent licenciée à l’USO Mondeville.

  • lehavre.fr : Quand avez-vous pensé que vous pourriez faire du tennis votre métier ?

A.R. : (Elle rit) Franchement, jamais ! J’ai encore du mal à m’en convaincre aujourd’hui ! D’ailleurs, je ne gagne absolument pas ma vie avec ça pour le moment. Ce n’est pas cette idée-là qui me pousse à m’entraîner, pour l’instant, c’est plus un plaisir qu’un travail. Enfin, ce n’est pas facile à expliquer ! C’est pour cela que garde les études en parallèle : pour l’instant, pour moi, le tennis est juste un sport. Si j’arrive à en faire mon métier, tant mieux, mais si je n’y arrive pas, ce ne sera pas une catastrophe. Je suis en deuxième année de STAPS à l’université de Caen.

  • lehavre.fr : Sportive de haut niveau, en deuxième année de fac avec un an d’avance… Et vous arrivez à tout mener de front ?

A.R. : J’ai du mal à faire des choix (rires) ! Je m’entraîne une ou deux fois par jour. Par ailleurs, j’ai en moyenne trois tournois par mois, et comme dans la journée je n’ai pas le temps d’aller à la fac à cause des entraînements, je récupère ensuite les cours, je travaille seule le soir et je me débrouille pour passer les partiels quand il y en a ! Mon statut de sportive de haut niveau me permet d’aménager mon emploi du temps scolaire, notamment en cas de tournois à l’étranger quand on part une semaine ou deux. Mais gérer la fatigue est presque le plus dur. Il faut réussir à faire une programmation qui permette d’équilibrer un peu tout afin de ne pas se blesser. C’est vraiment quelque chose que je découvre cette année.

  • lehavre.fr : Vous devez être entourée ?

A.R. : Mon entraîneur, Sébastien Torrent, essaie de me suivre, de partir en compétition avec moi dès qu’il peut, mais ce n’est pas toujours le cas puisqu’il est aussi entraîneur au club. Mes parents sont professeurs, ils ont donc les vacances scolaires et m’emmènent quand cela leur est possible. Mais il m’arrive d’aller toute seule sur un tournoi !

  • lehavre.fr : Une saison de tennis coûte très cher. Comment vous organisez-vous pour couvrir les frais (inscriptions aux tournois, voyages, hébergement…) ?

A.R. : En effet, une année sur le circuit coûte environ 30000 €. Le club m’aide avec une bourse qui représente quelque 30 % de ma saison. Ce sont donc mes parents qui m’apportent leur soutien. Nous cherchons des sponsors ou des mécènes qui pourraient offrir leur contribution à mon club, ce qui me permettrait d’en bénéficier. Mais c’est compliqué : un sport individuel, de plus féminin, ça a du mal à attirer…

  • lehavre.fr : La Coupe du monde féminine de football se tiendra en France et notamment au Havre en juin. Qu’en pensez-vous ?

A.R. : C’est un gros événement, et si ça peut aider à médiatiser et à développer le sport féminin dans son ensemble, le foot, le tennis, ou autre, c’est forcément une bonne chose !