Un Été au Havre

Jouer dehors

Un Été Au Havre à vivre à partir du 29 juin
Un Été Au Havre à vivre à partir du 29 juin

Une grande fête, un festival d’art à ciel ouvert, des expositions : Un Été Au Havre, c’est tout à la fois ! Pour la saison 3 de la manifestation, la ville va vivre au rythme d’un thème qui lui colle à la peau : « archi » pour architecture.

Un Été Au Havre devait être à l’origine un événement unique, imaginé et mis en œuvre pour célébrer les 500 ans de la ville. Avec plus de 2 millions de spectateurs conquis, le succès fut tel qu’il a motivé une suite en 2018. La deuxième édition a marqué les esprits, avec entre autres la construction « en dur » de l’œuvre désormais symbolique UP#3 de Lang & Baumann sur la plage, et l’installation de la sculpture de Fabien Mérelle Jusqu’au Bout du monde sur le site bien connu des Havrais. Cet été, l’aventure se poursuit avec des artistes de renommée internationale. Ils ont de nouveau créé des œuvres in situ, en tenant compte du lieu où elles sont installées. Donner à voir des œuvres d’art nées au Havre, c’est le sel d’Un Été Au Havre depuis ses débuts. L’ambition s’inscrit dans la relation historique du Havre avec les artistes, tout en affirmant la ville comme le terreau fertile des formes d’expressions les plus contemporaines. Cette année, l’architecture tient le premier rôle de la manifestation : les artistes invités placent la construction, le rapport au bâti et le vivre ensemble au cœur de leurs univers. Une ou plusieurs de leurs créations rejoindront la collection d’art à ciel ouvert amorcée en 2017, et qui comprend déjà huit œuvres monumentales.

Le Havre, terre d’artistes

Pour lancer l’Été, la ville accueille… une ville ! Initiateur de cités et de monuments éphémères, Olivier Grossetête propose aux habitants de construire une ville qui risque fort de ressembler à la leur ! Comme toute fête, les Cités oubliés sont un moment de partage, où, en accord avec le souhait de l’artiste, « chacun prend la place qui lui semble juste ». Pour permettre la participation du plus grand nombre, à l’image de la grande parade qui a inauguré le premier volet d’Un Été Au Havre, la ville est faite du plus basique des matériaux : des cartons et du scotch, avec comme unique énergie celle des volontaires d’un chantier pas comme les autres… Si vous voulez apporter votre carton à l’édifice, rendez-vous dans l’un des trois ateliers de construction organisés depuis le 1er juin (voir encadré). Une fois montés, les éléments de la future Cité sont acheminés sur le quai Southampton et assemblées collectivement, tel un Lego® géant. Il s’agit de la plus grande réalisation jamais initiée par Olivier Grossetête, avec près de 20 bâtiments, dont le plus haut culmine à une trentaine de mètres ! Inaugurée et célébrée le samedi 29 juin, la ville est déconstruite à la manière d’un jeu que l’on regarde s’écrouler, au terme d’un pique-nique géant, le dimanche 30. Un final spectaculaire et bon enfant : le public est invité à venir piétiner et à sauter sur les cartons.

Non loin du quai Southampton, les Apparitions, personnages de l’allemand Stephan Balkenhol, contemplent la ville depuis des cadres de baies de certains bâtiments de la rue de Paris. Les sculptures, banales et singulières à la fois, dialoguent parfaitement avec l’intention d’Auguste Perret, qui a conçu ces cadres à l’échelle d’un homme debout.

A l’inverse, Erwin Wurm vient chatouiller l’ordonnancement du bâti conçu par le maître du béton armé avec la Narrow House (maison étroite) installée avenue Foch. En déformant des objets du quotidien dont il dénonce l’aspect illusoire, l’artiste joue avec nos perceptions. Egalement présentées en ville, d’autres œuvres de l’artiste surprennent : un curieux personnage noyé dans un costume disproportionné, une voiture boursouflée, et un baiser aussi passionné qu’insolite !

Pour investir l’un des bâtiments les plus emblématiques du Havre, l’Eglise Saint-Joseph, l’Ecossaise Susan Philipsz propose une œuvre à entendre. A l’instar de son travail pour Glasgow, autre ville portuaire, et pour lequel elle a remporté le prestigieux prix Turner décerné par le musée Tate Britain à Londres, l’artiste utilise son propre souffle pour OCEANGATE (pont vers l’océan). « Le son prend place dans un contexte particulier et ce contexte avec son architecture, sa lumière, et ses bruits ambiants font l’expérience globale de l’œuvre d’art. »

Quant à Antoine Schmitt, ingénieur devenu artiste, il a posé son essaim de pixels blancs sur les deux cheminées de la centrale thermique du Havre. Nommée La Sprite, cette entité artificielle, sensible aux aléas de son milieu, permet à Antoine Schmitt d’aborder le processus du mouvement, son thème de prédilection.

Prenant de la hauteur sur la ville, Henrique Oliveira a installé Sisyphus Casemate, une œuvre faite de morceaux de palissades de chantier récupérés dans les rues de Sao Paulo, dans les Jardins Suspendus. Dans ce fort militaire où la nature a repris ses droits, l’œuvre du brésilien, quasi vivante, envahit l’une des alvéoles pour y rester de façon pérenne. Libre à chacun d’interpréter cette installation mystérieuse, car, comme le rappelle Henrique Oliveira, « L’œuvre est faite du regard que vous lui portez ».

La ville en effervescence
Pour Un Été Au Havre, artistes et acteurs de la scène havraise sortent le grand jeu !
- La nouveauté de cette année, c’est la participation de deux jeunes artistes formés à l’ESADHaR, l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Le Havre/Rouen : Antoine Dieu et Baptiste Leroux. Leurs projets, présentés en plein air, ont été retenus pour leur qualité, leur ingéniosité et leur rapport à l’environnement de la ville. Des talents qui s’affirment !
- En écho à ses personnages installés rue de Paris, Le Portique, centre régional d’art contemporain du Havre, présente une sélection d’œuvres anciennes et nouvelles de Stephan Balkenhol. Le public peut aussi admirer des sculptures de l’artiste allemand à la bibliothèque Oscar Niemeyer.
- Au Tetris, la manifestation « Exhibit » propose, de nouveau, expositions, Fablab et conférences dédiés aux arts et aux cultures numériques, avec comme invités Nils Völker et Niklas Roy.
- Le Havre célèbre également l’un de ses plus grands artistes au MuMa. « Raoul Dufy et Le Havre » est une exposition remarquable. Elle rassemble pour la première fois plus de 90 œuvres provenant de collections publiques et privées, françaises et étrangères.

Jean Blaise, directeur artistique d'Un Été Au Havre
« Le Havre est l’une des villes françaises qui me procure les émotions les plus exceptionnelles. Une ville futuriste, de sensations, qu’on a plaisir à faire découvrir ! Avec Un Été Au Havre, on m’a demandé d’animer la ville, au sens premier : de la rendre très vivante. Pour cette troisième année, l’objectif était de solliciter de nouveau de grands artistes et de les faire travailler sur l’architecture, précisément l’architecture Perret afin de mettre en scène Le Havre. Leurs œuvres vont venir troubler le bon ordonnancement de la ville, avec un brin de dérision et d’humour. »

Un Été Au Havre, c'est aussi :
- Pour l’exposition Dans le miroir de Danaé, l’intérieur raffiné de la Maison de l’Armateur accueille les œuvres réalisées par l’artiste Belugou autour des Métamorphoses d’Ovide (jusqu’au 23 septembre)
- A l’abbaye de Graville, l’exposition Le Havre, les Francs-Maçons et la Mer, XVIIIe-XIXe siècles fait découvrir au public un univers mal connu en donnant à voir de magnifiques objets maçonniques (jusqu’au 30 septembre)
- Le Muséum d’histoire naturelle met les abeilles à l’honneur grâce aux photographies d’Eric Tourneret (jusqu’au 10 novembre)
- Au Carré des Docks, l’exposition immersive Imagine Van Gogh plonge le visiteur dans l’univers du peintre (jusqu’au 1er septembre).
- Au Port Center se tient une exposition interactive et familiale sur les métiers du port.
- Les musiques des mondes vont résonner aux Jardins Suspendus avec le festival MoZ'aïque (du 17 au 21 juillet).
- L’esplanade de la plage accueillera les meilleurs riders de leurs disciplines lors du Week-end de la glisse (du 23 au 25 août).

Un Été Au Havre : bon à savoir !
Un Été Au Havre: bon à savoir
- Tout est en entrée libre ! L’inscription aux ateliers de la ville éphémère est toutefois recommandée.
- L’accès aux œuvres présentées dans l’espace public et aux expositions à la bibliothèque Oscar Niemeyer, au Portique et au Tetris est gratuit.
- Pour 20 € seulement, le Pass musées permet de profiter durant un an à partir de la date d’achat et de façon illimitée des expositions, temporaires et permanentes, présentées par les lieux culturels municipaux : MuMa, Muséum d’histoire naturelle, Abbaye de Graville, Maison de l’Armateur, Hôtel Dubocage de Bléville et appartement témoin Perret.
- Trois parcours libres au départ de la place Perret facilitent la découverte des œuvres tout en offrant de belles balades à travers la ville. Pour chacun des parcours, prévoir au moins une demi-journée, sans compter le temps de visite des expositions intérieures. Des médiateurs et médiatrices culturels sont présents au pied des œuvres nouvelles dévoilées cette année.
- De nombreuses visites guidées sont organisées. Tarifs et réservations auprès de la Maison du Patrimoine : 02 35 22 31 22.

Retrouvez l'intégralité de la programmation, les parcours, les oeuvres, les artistes, les infospratiques sur : uneteauhavre.fr

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