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Un Été au Havre

Julien Berthier : "Déformer l'existant et produire des objets hyperréalistes"

Un Été au Havre / Love, love & L'altoviseur, de Julien Berthier
Julien Berthier : "Déformer l'existant et produire des objets hyperréalistes"

A l’occasion d'Un Été au Havre, festivités des 500 ans du Havre, le plasticien Julien Berthier exposera deux œuvres sur l’espace public : Love, love et L’altoviseur. D’autres productions de l’artiste seront également présentées au Portique.

  • lehavre.fr : Pourriez-vous nous parler des deux œuvres présentées dans l'espace public du Havre ?
    Julien Berthier : Les deux œuvres présentées ici n’ont pas été conçues spécifiquement pour Le Havre. Restauré pour cet événement, mon bateau Love, love et sa métaphore du naufrage invite à un questionnement qui trouve naturellement sa place dans l’univers de cette ville portuaire. Miroir géant renvoyant une vue panoramique de la skyline de la ville, L’altoviseur donnera l’occasion à tout un chacun de changer de point de vue sur sa ville. Et même peut-être de voir la mer à partir de la gare qui sait !
  • Comment pourriez-vous caractériser votre parcours artistique ?
    J.B. : Après l’école des Arts appliqués puis celle des Beaux Arts à Paris, j’ai vite été repéré par la galerie Vallois qui est encore ma galerie à ce jour. Ni designer ni plasticien, je me définis plutôt comme un artiste multimédia qui passe son temps à déformer l’existant et à produire des objets hyperréalistes. Je flirte avec l’art conceptuel car chez moi l’idée prime sur la forme et sa qualité de réalisation. Et souvent, idées et images fonctionnent bien ensemble.
  • Comment avez-vous été intégré à la programmation d'Un Été au Havre ?
    J.B. : Jean Blaise, le directeur artistique m’a appelé en même temps que le directeur du Portique pour découvrir la ville et produire quelque chose en rapport. Cette posture du "touriste" est intéressante pour garder l’acuité du regard neuf d’un œil extérieur. Avec leur fonction "révélatrice", Love, love et L’altoviseur me semblent bien correspondre à cette ville même s’ils n’ont pas été conçus pour elle.
  • Qu'allez-vous exposer au Portique où vous êtes programmé du 27 mai au 8 octobre ?
    J.B. : A l’invitation de son directeur Patrick Lebret, Le Portique accueille deux autres artistes contemporains qui tout comme moi interviennent aussi bien dans l'espace public que dans des lieux d'exposition plus classiques. Nous disposons chacun d’un étage pour présenter nos œuvres. Je vais montrer une série de nouvelles pièces qui explorent le rapport ambigu entre l’espace et le temps. Je présente notamment des vieux tableaux du 19ème que j’ai fait restaurer en prolongeant de 5 secondes la fixité de ces images ou encore un montage vidéo de 40 mn dont le sujet principal n’est pas celui qu’on croit… A la manière de petites énigmes poétiques et/ou ironiques qui esquissent, à chaque fois, un fragment de récit, mes créations invitent toujours à un questionnement.