Entretien
Sport

"La réussite sera au rendez-vous"

Stéphanie Frappart, arbitre officielle de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™
Stéphanie Frappart, arbitre officielle de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

Stéphanie Frappart fait partie des 27 arbitres retenues par la FIFA pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™ (7 juin – 7 juillet). À 35 ans, la Française est déjà rodée à l’exercice. Elle a notamment officié pour la Coupe du Monde Féminine au Canada en 2015 et le Mondial Féminin U-20 en Bretagne l’été dernier. Et comme tous les acteurs du football, elle espère que cette compétition permettra un développement de la pratique, à tous les niveaux.

  • Comment vous êtes-vous tournée vers l'arbitrage ?

Stéphanie Frappart : J’ai commencé le football à 10 ans mais dès mes 13 ans, j’ai souhaité en apprendre plus sur les règles. C’est le district qui m’a formée avec des cours théoriques avant de me propulser sur les terrains pour arbitrer des rencontres de jeunes. Ça m’a passionnée. À 18 ans, j’ai fait mon choix. Je me suis tournée exclusivement vers l’arbitrage et ai arrêté de concilier les deux, jouer et arbitrer. C’est un choix que je ne regretterai jamais.

  • Vous officiez en Ligue 2 depuis quelques années. Les débuts se sont bien déroulés ?

S.F. : J’ai toujours été bien accueillie aussi bien par les clubs que les joueurs, les dirigeants et mes homologues masculins. Ce sont mes compétences, plus que le fait d’être une femme et qu’il fallait de la mixité, qui m’y ont conduite. C’était en 2014, la même année que Corinne Diacre (nommée entraîneuse du Clermont Foot). Au bout de quelques semaines, on a arrêté de parler de nous, on était juste coach et arbitre, parmi tant d’autres.

  • La Fédération Française de Football souhaite augmenter le nombre d'arbitres féminines. Comment donner envie aux jeunes filles de se lancer ?

S.F. : Il faut qu’elles essayent ! Bien sûr, il faut avoir quelques qualités. Être passionnée de football pour comprendre plus facilement le jeu en est une. Et être une athlète, parce qu’une arbitre court peut-être plus qu’une joueuse, en est une autre. Mais surtout, il ne faut pas hésiter à tenter l’expérience.

  • La Coupe du Monde débute bientôt. Comment vous sentez-vous ?

S.F. : Cette année, la compétition se déroule chez nous. Elle a une saveur particulière car l’ensemble de nos proches et de nos collègues seront présents. Ils pourront enfin venir nous voir sur un ou plusieurs matches, ça change par rapport aux précédentes fois ! Evidemment je suis fière d’avoir été retenue avec Manuela Nicolosi, mon assistante et avec qui je forme un duo depuis 2015.

  • En un an, vous aurez connu deux Coupes du Monde. Quels souvenirs gardez-vous du Mondial U-20 en Bretagne et de la finale que vous avez arbitrée ?

S.F. : Ce Mondial était une expérience inoubliable. On savait que ça représentait un tremplin en vue de la Coupe du Monde 2019. Les sélections n’avaient pas encore eu lieu, on avait l’occasion de montrer nos compétences pour être retenues. Les qualités que l’on a démontrées tout au long de la compétition nous ont d’ailleurs permis d’arbitrer la finale, entre l’Espagne et le Japon. C’était formidable et c’est un moment unique dans notre profession. Arbitrer une finale n’arrive pas si souvent !

  • On le sait depuis quelques semaines maintenant, l'assistance vidéo (VAR) fait son entrée. Elle sera utilisée pour la première fois en Coupe du Monde féminine. Cela change-t-il quelque chose pour vous ?

S.F. : Notre objectif en tant qu’arbitre, c’est arbitrer ! La VAR nous permet de modifier des décisions qui sont clairement erronées et de voir certaines situations de jeu sous un autre jour. J’ai effectué 3 stages avec la FIFA, Manuela en a fait 2. On a été très bien formées à l’utilisation de la VAR où l’on était placées en situation réelle. On a appris à faire usage de la VAR si besoin était et à modifier notre jugement. On sera prêtes pour le mois de juin. De plus, on travaillera avec des assistants vidéo expérimentés et compétents.

  • Quels impacts pour le football et la place des femmes cette Coupe du Monde peut-elle avoir ?

S.F. : Cette compétition va mettre en avant le football en général, toutes ses actrices, tous ses acteurs et toutes ses pratiques. La médiatisation va être globale. On verra que l’on peut être une femme et jouer, être une femme et arbitrer, être une femme et entraîner ou être organisatrice, volontaire etc. Tout le football féminin en bénéficiera, en France et dans le monde. Vu le nombre de billets déjà vendus et le nombre d’étrangers qui vont venir, la réussite promet d’être au rendez-vous.