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Environnement

La Ville du Havre présente la stratégie de gestion des anciennes décharges privées de Dollemard

Après la conduite d’études sur le terrain et la réalisation d’un chantier-test, la Ville du Havre est en mesure de présenter une stratégie de gestion du site des anciennes décharges avec pour objectif premier de mettre fin à la pollution du milieu marin.

Publié le 08/11/2022

« Des études très poussées et la réalisation d’un chantier-test nous donnent une bien meilleure connaissance de ce que nous devons faire pour stopper l’érosion des décharges de Dollemard. Il nous faut désormais imaginer, avec les entreprises, comment réaliser un chantier d’une telle ampleur, qui n’a jamais été mené ailleurs en France. Ce défi, nous sommes prêts à le relever. »
Édouard PHILIPPE, maire du Havre

L'érosion provoque la pollution du milieu marin

Exploitées pendant la seconde moitié du XXe siècle par des sociétés privées pour l’élimination de déchets issus de la filière du bâtiment, les anciennes décharges de Dollemard sont aujourd’hui soumises à l’érosion du trait de côte qui provoque une pollution du milieu marin. 

En février 2022, le président de la République a annoncé l’engagement de l’État de traiter l’ensemble des décharges côtières recensées en France sous 10 ans. La secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, Bérengère Abba, s’est déplacée au Havre pour présenter le Plan national de résorption des décharges littorales présentant des risques de relargage de déchets en mer, et a annoncé un financement de 50 % du montant des travaux sans plafond pour le traitement prioritaire du site de Dollemard.

450 000 m3 de déchets sur 3 zones

La Ville du Havre, avec le soutien de partenaires (État, Ademe, Agence de l’Eau et Région Normandie), étudie depuis 2018 une solution opérationnelle pour résorber cette source de pollution et procéder à la réhabilitation écologique du site.

L’hypothèse du traitement des déchets a fait l’objet d’investigations complémentaires (études bathymétriques, inventaire faune-flore…) entre 2019 et 2020, et un chantier-test s’est déroulé à l’été 2021. Cette première opération a permis de tester des solutions de traitement des déchets et de réaliser des sondages dans les cônes de déchets pour connaître la nature des matériaux présents. À cette occasion, 1 % du volume total de déchets a été traité.

Ces opérations ont permis de mieux appréhender la constitution de ces décharges qui représentent un volume de 450 000 m3 de déchets répartis ainsi (du Nord au Sud) :

  • zone nord : 235 000 m3
  • zone centre : 205 000 m3
  • zone sud : 10 000 m3

Les zones nord et centrale sont à traiter

Les résultats des sondages réalisés à l’été 2021 permettent de caractériser la nature des matériaux présents et les sources de pollution. Ils montrent que les deux premières zones (Nord et centre) sont à traiter au regard du risque de d’érosion marine et par la présence de déchets plastiques, d’amiante, de bois pollués et de pneus. La zone centrale est particulièrement polluée en raison d’une forte teneur en micro-plastiques.

Sur ces deux zones, des terres de types « remblais urbains » sont considérées comme non-internes sur 30 % des sondages et présentent des impacts modérés de pollution aux hydrocarbures et aux PCB. La zone sud présente essentiellement des blocs de bétons et gravats dont l’impact est neutre sur l’environnement.

Une étude globale de la qualité chimique des milieux révèle un faible impact sur les eaux souterraine et une absence d’impact sur les mollusques présents dans la zone (en référence aux normes sanitaires).

Un risque d’érosion sur les deux-tiers du volume des décharges

L’étude des volumes à risque d’érosion par la mer, soit la masse susceptible d’être emportée par la marée au fil du temps, montre que 300 000 m3 de déchets sont concernés par ce risque, ce qui représente les deux-tiers du volume total (soit l’équivalent de 120 piscines olympiques).

La zone centrale est presque intégralement soumise au risque d’érosion, soit 195 000 m3 (95 % du volume). La zone nord est partiellement soumise au risque d’érosion pour environ 40 % de son volume soit 95 000 m3 de déchets. La zone sud est concernée à 100 % pour le risque d’érosion.

Une stratégie de gestion en 2 phases

Ces enseignements ont permis de valider une stratégie de gestion du site :

  • phase 1 « zone Nord » : traiter la totalité du volume de déchets (205 000 m3)
  • phase 2 « zone centrale » : traiter le volume érodable (95 000 m3) puis assurer une surveillance de l’érosion réelle du site

Les conclusions du chantier-test et des analyses effectuées permettent à ce stade de ne pas envisager de traitement sur la zone sud, la nature des matériaux et l’instabilité de la masse rendent toutes actions inutiles et périlleuses, avec un fort risque de déséquilibrer la structure du talus sans bénéfice environnemental apparent compte-tenu de la nature inerte des matériaux. Une surveillance continue de l’évolution du volume sera réalisée au cours des prochaines années.

Pour la conduite de ce projet, dont l’objectif principal est de stopper la pollution du milieu marin, plusieurs conditions vont devoir être respectées : 

  • limiter l’impact environnemental du projet sur cet espace naturel sensible
  • être le plus ambitieux possible sur le criblage des polluants et sur la valorisation et le réemploi des matériaux
  • assurer la conduite du chantier en toute sécurité
  • tenir compte des capacités existantes des filières régionales de traitement des déchets

Compte-tenu de cette stratégie de gestion et des conditions à respecter, l’estimation financière a été réévaluée entre 29 et 41 millions d’euros HT sans compter le traitement des micro-plastiques dont le coût n’est pas connu à ce jour.

Deux scénarios pour un chantier jamais réalisé ailleurs

Pour chacune des phases, deux scénarios sont envisagés. Chacun présente des avantages et des inconvénients : le plus pertinent sera choisi au regard du respect des conditions fixées pour la conduite du projet. Pour cela, la Ville du Havre lancera une procédure de dialogue compétitif avec les entreprises de travaux afin de définir les solutions opérationnelles pour ce chantier jamais réalisé ailleurs en France.

Le calendrier du projet

Compte-tenu de cette stratégie de gestion du site, un calendrier a été établi comme suit :

  • fin 2022 : mise en place d’une convention de financement avec l’État portant sur la conception du projet
  • 2023 :
               - consultation et établissement d’un contrat d’accompagnement à la conduite d’opération
          - lancement d’une procédure de dialogue compétitif avec les entreprises de travaux pour concevoir les solutions techniques ;
  • 2024 : contractualisation du marché public de travaux