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Entretien
Culture

« Le livre, le plus puissant contrepoison face à l’obscurantisme et l’intolérance »

Hugues Dewavrin, vice-président de La Guilde, invité du Festival littéraire Le Goût des Autres 2019
Hugues Dewavrin, vice-président de La Guilde, invité du Festival littéraire Le Goût des Autres 2019

Hugues Dewavrin est vice-président de La Guilde, une ONG qui soutient et met en place des actions solidaires et culturelles à travers le monde. Il sera présent lors du festival pour « Mossoul-Le Havre, Book Forum » afin d’évoquer le premier café littéraire la ville irakienne, créé en 2017 dès la libération de la ville, en compagnie de Véronique Olmi, romancière et dramaturge, de Sylvain Tesson, écrivain du voyage, et des deux fondateurs du Book Forum, Harith Yaseen Abdulqader et Fahad Sabah Mansoor Al-Gburi. Cette rencontre où il sera forcément question du livre comme outil de pensée et d’échange sera animée par Christophe Ono-dit-Biot. En guise d’avant-goût, entretien avec Hugues Dewavrin.

  • lehavre.fr : Pourquoi le livre est-il selon vous un facteur privilégié de lien entre les cultures ?

Hugues Dewavrin : En Irak et en Syrie, l’état islamique brûlait les bibliothèques. Le livre terrorisait les terroristes pour une raison simple : il est le plus puissant contrepoison face à l’obscurantisme et l’intolérance. A la libération de Mossoul, le premier acte de reconquête a été de déterrer les livres cachés, souvent enterrés, et de les ranger avec respect sur une étagère. Banal pour nous, essentiel, vital pour ceux qui sortaient de ce cauchemar.

  • lehavre.fr : Pouvez-vous nous exposer brièvement une mission menée par La Guilde ?

H.D. : La première mission de La Guilde du Raid, à l’automne 2014, quelques semaines après l’invasion du nord de l’Irak, a été la création d’une radio destinée aux centaines de milliers de réfugiés. Nous l’avons nommée Radio Al Salam, la radio de la Paix. Sa rédaction était composée de journalistes de toutes origines : musulmane, chrétienne, kurde, yezidie. Une radio de soutien, de témoignage et surtout un symbole fort du vivre ensemble. Nous émettions sur les zones occupées, c’était un très gros risque. A la libération de Mossoul, nous avons décidé de continuer à émettre pour deux raisons : il restait encore beaucoup de réfugiés qui n’osaient ou ne pouvaient rentrer chez eux ; et cette radio était devenue un symbole magnifique de tolérance qu’il fallait continuer à faire vivre.

  • lehavre.fr : Que savez-vous du Book Forum ?

H.D. : Le Book Forum est une histoire magnifique. Vous découvrirez à l’occasion du festival ses deux fondateurs Fahad et Hareth. Ils se rencontrent au printemps 2017, pendant les opérations de déblaiement. Ils n’ont pas trente ans. Ils décident d’ouvrir un forum culturel et mobilisent toutes leurs économies pour rénover un vaste local en centre ville. C’est la première pierre de la reconquête intellectuelle de cette ville dont l’université était une des plus  respectées au Moyen-Orient. En octobre nous y étions avec Sylvain Tesson pour la première conférence donnée par un écrivain étranger. Il vous racontera ce grand moment.

  • lehavre.fr : Quelles ont été vos motivations pour accepter de participer au festival Le Goût des autres ?

H.D. : Le Goût des autres. Oui, le Goût des autres. Tout est dit.

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