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« Le port du Havre joue la carte des projets »

Interview de Florian Weyer, directeur général délégué HAROPA PORT

Le directeur général délégué en charge de la direction territoriale du Havre au sein de HAROPA PORT revient sur les grands projets et défis qui inscrivent Le Havre parmi les grands ports européens.

Publié le 19/12/2022

  • lehavre.fr : Quel bilan dressez-vous de la fusion entre les ports de Paris, Rouen et Le Havre actée en juin 2021 ?

Florian Weyer : Un premier exercice plein s’achève et les promesses sont tenues. L’ensemble portuaire de l’axe Seine confirme la reprise enregistrée après la crise sanitaire. En tant que porte d’entrée maritime et avec 75 % du trafic de HAROPA PORT, Le Havre occupe une place majeure. Cette année encore, notre port dépasse les trois millions de conteneurs traités, cette activité restant un moteur avec l’importation d’hydrocarbures. La croissance de 4 % de nos trafics signifie que Le Havre gagne cette année encore des parts de marché, contrairement aux autres grands ports du nord de l’Europe.

  • lehavre.fr : Comment expliquez-vous cette performance ?

F.W. : Les aménagements de Port 2000 nous permettent d’absorber les trafics que nos concurrents ne peuvent traiter. Nous venons d’ailleurs de livrer les terre-pleins destinés à accueillir les derniers postes à quai que leur concessionnaire doit désormais équiper afin d’être opérationnels en 2025. À cette date sera également livrée la chatière, une digue de 1 800 m en entrée de port, qui favorisera la desserte fluviale de notre port rapide.

  • lehavre.fr : Quel est l’intérêt de cet ouvrage ?

F.W. : L’enjeu est de favoriser l’accès des barges fluviales au plus près des navires en escale. Aujourd’hui, seules 10 % des barges sont capables d’y aborder en raison de la houle, pendant 70 jours de l’année seulement. Le passage par la mer doit donc être abrité et permanent pour favoriser l’accès de tout type d’unité fluviale, par tous les temps. Chaque barge équivaut à 250 poids lourds, ce sera donc moins de trafic sur nos routes. L’enquête publique, lancée le 1er décembre 2022, est l’aboutissement de cinq années de concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Au terme de l’enquête, le préfet pourra prendre l’arrêt d’autorisation de travaux pour ce chantier qui durera deux ans. Sa livraison consacrera le parfait achèvement de Port 2000 et de ses quatre kilomètres de quai.

  • lehavre.fr : Le Havre a de nouveau reçu le prix de « meilleur port vert » de la part de professionnels. Comment cela se traduit-il ?

F.W. : HAROPA PORT est engagé dans la transition énergétique. L’axe Seine représente 20 % des émissions industrielles de carbone en France. Notre objectif est de passer de neuf millions de tonnes de CO2 à deux millions en 2040. Nous travaillons activement avec les industriels à la décarbonation de leurs activités, par exemple grâce au captage et au stockage du CO2 ou à l’économie circulaire, qui consiste à faire des déchets des uns des matières premières pour les autres. Le Havre accueille en outre une activité industrielle majeure autour de l’éolien en mer. De nouveaux appels d’offres pour l’installation de champs éoliens va permettre une montée en puissance rapide de l’usine Siemens Gamesa désormais pleinement opérationnelle.

  • lehavre.fr : Et côté équipements portuaires ?

F.W. : Nous travaillons à l’électrification des quais permettant aux navires en escale de se brancher et de couper leurs moteurs. Le futur terminal croisière pointe de Floride sera la première concrétisation de ces investissements très lourds. L’électrification représente 20 % de l’investissement total de 99 millions d’euros pour ce terminal nouvelle génération qui répondra à la croissance de l’activité croisière en mer du Nord. Grâce aux nouveaux quais, les escales seront zéro fumée, soit un gain d’émissions de 100 tonnes de CO2 par navire. Nous attendons d’ailleurs un nouveau record en 2023 avec 150 escales contre 130 en 2022.

  • lehavre.fr : L’énergie, c’est aussi la crise liée au conflit en Ukraine. Où en est le projet de terminal méthanier flottant ?

F.W. : Ce projet, initié par l’État au printemps 2022, doit permettre de fournir 10 % des besoins en gaz de la France, et compensera en partie les livraisons russes. Cette unité de regazéification du méthane liquéfié acheminé par navires sera amarrée quai de Bougainville, site le plus éloigné de toute habitation. Toutes les études de risques sont menées, y compris pour adapter notre propre réglementation portuaire. Là encore, une autorisation préfectorale déclenchera l’installation pour une mise en opération à l’automne 2023.