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Entretien
Sport

Lemieux / Garbaccio : un attachement sentimental à cette compétition

Les deux skaters havrais reviennent du 24 au 26 août au Week-End de la Glisse - étape du Festival International des Sports Extrêmes (FISE) au Havre
Garbaccio / Lemieux : Les deux skaters havrais reviennent du 24 au 26 août au Week-End de la Glisse - étape du Festival International des Sports Extrêmes (FISE) au Havre

Du 24 au 26 août prochain, les Havrais Laurine Lemieux et Joseph Garbaccio skateront dans le bowl du skatepark de la plage à l'occasion de la 13e édition du Week-end de la Glisse, comptant comme étape du Festival International des Sports Extrêmes (FISE). Rencontres.

  • Comment as-tu débuté le skate ?

Joseph Garbaccio. : Mon grand frère en faisait devant chez nous et dans les rues du Havre. Comme tout grand frère, c’est vite devenu mon modèle, alors j’ai fait comme lui. J’ai tout de suite accroché et depuis, je n’ai jamais cessé de le pratiquer.

Laurine Lemieux : Le frère de ma meilleure amie faisait du skate. Ça m’a donné envie, j’ai voulu essayer et j’ai tout de suite adoré.

  • Avant 2006 et l’inauguration du skate-park, c’était quoi le skate au Havre ?

J.G. : A l’époque, il n’y avait qu’une rampe à la plage au même endroit que l’actuel skate-park. Mais notre vrai terrain de jeu et de glisse, c’était la rue, sur le parvis de l’Hôtel de Ville ou au Volcan. Avant les travaux de rénovation de l’espace Niemeyer soient réalisés, c’était un spot mythique connu dans toute la France et même au-delà Aujourd’hui, il y a un peu de nostalgie en y repensant.

L.L. : Je n’ai pas de souvenirs d’avant car j’ai commencé tardivement, en 2013 à l’âge de 15 ans, à pratiquer le skate. Au début, j’étais un peu timide, je restais seule dans mon coin avec la peur au ventre. Heureusement, un des meilleurs skateurs m’a aidée à dépasser mes appréhensions et une journée plus tard, je savais tout descendre.

  • Quelles sont les particularités du bowl havrais ?

J.G. : C’est un bowl vraiment complet avec des rampes de toutes les tailles offrant beaucoup de possibilités. Ca le rend accessible à tous les sports de glisse et à tous les niveaux surtout.

L.L. : En étant sur la plage, le spot attire beaucoup de monde dans et en dehors du bowl. Cette proximité est autant un avantage qu’un inconvénient. En pratique, le site est très exposé au vent ; cela ramène aussi du sable. Mais on s’adapte. J’ai le souvenir, comme d’autres, d’être venue plusieurs fois avec ma pelle et ma balayette pour ramasser et pouvoir skater dans de bonnes conditions.

  • Ton meilleur souvenir de skate au Havre ?

J.G. : À l'époque, mon frère et ses potes fabriquaient beaucoup de DIY (Do It Yourself). Ils avaient réalisé tout un skate-park dans un hangar abandonné. On l’appelait le Tétanos Park parce qu’il ne respectait pas vraiment les conditions de sécurité. Pourtant quand j’y suis allé pour la première fois, c’était magique, j’étais comme un fou avec l’impression d’être dans un des jeux vidéo Tony Hawk. Si tu voulais un module en particulier, il fallait juste acheter de béton et se mettre au travail.

L.L. : L’édition 2014 du Week-end de la Glisse au Havre. Je concourrais contre des gars de 20 ans, parfois plus d’ailleurs, et j’ai fini deuxième du haut de mes 15 ans. C’était fou !
Aujourd’hui, mes parents viennent me soutenir dès que je participe à une édition. Ça me donne beaucoup de force ; on se sent comme à la maison. Une sensation géniale !

  • Ton pire souvenir ?

J.G. : Ma première blessure évidemment et l’obligation de rester au repos à la maison quand tous tes potes partent skater. Frustrant.

L.L. : Un accident grave que j’ai vu. C’est pour cela qu’il faut rappeler et respecter les règles essentielles de sécurité dans un bowl : interdit au moins de 10 ans et protections obligatoires.

  • Compétitions, résultats, classements, objectifs à venir…quelles sont tes actualités ?

J.G. : Au niveau national, je suis octuple champion de France. Je me suis vraiment positionné sur la scène internationale depuis l’an dernier avec déjà de bons résultats : premier du circuit FISE World et Top 10 sur la World Cup. L’objectif est de continuer sur ces circuits et aller au Tampa AM. La compétition la plus légendaire en skate. La compétition qui change une vie car s’il y a bien un titre à gagner, c’est celui-ci. À côté, j’aimerais bien faire ma première part. Une vidéo travaillée entièrement filmée dans la rue. C’est important pour une carrière.

L.L. : J’ai plusieurs titres à mon palmarès : double championne de France en bowl (2014 et 2016), et championne du monde en bowl en 2014. Pour cette saison, les compétitions recommencent à peine. J’attends avec impatience les championnats de France et les compétitions internationales avec l’envie de faire une bonne place au Vans Park Series.

  • En 2020, le skate sera présent pour la première fois aux Jeux Olympiques de Tokyo. Un rêve de skater au pays du soleil levant sous les couleurs tricolores et représenter la France ?

J.G. : Dans le milieu du skate, ce n’est pas la chose la plus importante. Au niveau sportif en revanche, c’est sûr que c’est un rêve, n’importe qui aimerait vivre ça au moins une fois dans sa vie. En attendant, je vais continuer à faire ce que je fais, à prendre du plaisir et à voyager. C’est déjà un rêve de voyager, découvrir de nouvelles cultures et personnes grâce à sa passion.

L.L. : J’aimerais vraiment être sélectionnée pour les JO et je vais m’entraîner dur pour y arriver.

  • Le Havre, c’est un spot des glisses toute l’année. La ville accueille une étape du FISE fin août à l’occasion du Week-end de la Glisse, preuve de l’attachement de la Porte Océane à toutes ces disciplines. Un mot sur l’événement et surtout t’y verra-t-on cet été ?

J.G. : Je suis attaché sentimentalement à cette compétition. J’avais dix ans quand j’y ai participé pour la première fois. J’avais attendu ce rendez-vous toute l’année et si ma mémoire est bonne, j’avais fini à la sixième place alors qu’à l’époque, il n’y avait pas de catégories.
Si tout va bien, j’espère y revenir cet été car l’an dernier j’avais dû renoncer suite à une blessure à la cheville.

L.L. : J’adore cet événement parce qu’il met un vrai coup de projecteur sur toutes les disciplines de glisse et parce qu’il attire aussi et surtout beaucoup de monde. J’y participerai encore cette année avec grand plaisir.

  • Quel est ton parcours scolaire et comment se passe ta vie étudiante havraise ?

J.G. : J’ai eu mon bac ES avec mention au Lycée Francois 1er. Ensuite, j’ai passé un diplôme pour être professeur de skate. Cette année, je suis rentré à l’IUT du Havre en techniques de commercialisation. Ça me demande beaucoup de temps et de travail pour réussir à allier études et skate. Heureusement, les professeurs de l’IUT sont indulgents et compréhensifs ce qui me facilite la tâche.

L.L. : Je suis actuellement en prépa infirmière et en parallèle, je travaille pour une chaîne de restauration rapide.

  • Quand tu es au Havre, quels sont tes lieux préférés au Havre ?

J.G. : Sans surprise, le skate-park et la plage où je passe la plupart de mon temps. Ça change tout de pouvoir aller se baigner après avoir fait du skate. C’est une chance inouïe d’avoir un skate-park sur le front de mer. Quand je reviens de compétition ou que j’ai envie de me détendre, je vais souvent sur la falaise au bout du monde pour admirer ce point de vue magnifique sur la ville et les horizons.

L.L. : Le skatepark bien évidemment ainsi que la place de l’Hôtel de Ville parce qu’on y rencontre toujours des gens.