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Culture

"L'humour au service de l'histoire", avec Bruno Solo

Après Les Visiteurs d’histoire où il conviait de grands personnages historiques à sa table, Bruno Solo publie Le Voyageur d’histoire, se propulsant dans le temps à la rencontre de figures qu’il a personnellement choisi d’approcher. Il sera au Havre les 10 et 11 janvier pour en parler.

Publié le 19/12/2023

  • lehavre.fr : Comment le public accueille-t-il Bruno Solo, auteur de livres historiques ?

Bruno Solo : Le public commence à bien connaître ma passion pour l’histoire, tant à travers les livres que grâce à l’émission La Guerre des trônes que je présente sur France 5. Chacun a sa marotte. L’ histoire a toujours fait partie de ma vie, avec un père passionné qui nous la faisait vivre, y compris sur le terrain : il nous a emmenés au Portugal pour que nous voyions la Révolution des Œillets en 1974 ! Ainsi, je reçois un très bon accueil dans les librairies, sur les salons du livre ou dans les classes où je suis invité pour parler d’histoire.

  • lehavre.fr : La transmission du passé n’a jamais semblé aussi importante pour comprendre notre présent…

B.S. : Ça l’a été de tous temps. L’ histoire bégaye. Elle nous donne des outils pour appréhender les événements, être moins dans l’émotion ou la brutalité des réactions. J’ai eu la chance d’avoir de très bons professeurs d’histoire et, enfant de l’école de la République, je ne manque aucune occasion de leur rendre hommage. Ce n’est malheureusement pas un hasard si Samuel Paty et Dominique Bernard ont été assassinés pour les matières qu’ils enseignaient, l’histoire et le français. Les obscurantistes veulent empêcher les hommes de s’élever.

  • lehavre.fr : Vous avez choisi l’humour pour discuter avec les personnages historiques. Est-ce un bon moyen de transmettre ?

B.S. : J’ai un ADN autour de l’humour qui, avec l’ironie, est un bon outil pour s’adresser au lecteur et le toucher. Cela permet de mettre à distance ce qui est grave, voire insupportable. D’ailleurs, dans ma discussion avec Rabelais, je dis que l’humour sauve et qu’il est une arme de construction massive. Il suffit de voir la portée des caricatures, celles de Charlie Hebdo ayant coûté la vie à leurs auteurs, morts pour avoir blasphémé. Nous devons défendre cette liberté de faire de l’humour, dans le cadre de la légalité. Montaigne disait lui aussi que les mots sont des munitions pour se défendre.

  • lehavre.fr : Comment avez-vous choisi les personnages que vous visitez dans votre livre ?

B.S. : J’ai souhaité voyager dans le temps pour devenir le contemporain de mes hôtes. Pour les approcher, il m’a fallu user d’astuces et les convaincre de discuter avec moi. J’ai vraiment choisi ces personnages, ce qui rend ce livre très personnel. Tous sont liés à mon histoire intime, culturelle ou encore géographique. J’ai pris plaisir à explorer les différentes périodes, de l’Antiquité à la modernité. J’ai toujours beaucoup aimé le Moyen Âge, véritable anticipation de la Renaissance, mais j’aime chaque période dans laquelle je me plonge avec l’aide des historiens qui m’apportent des connaissances fines. On apprend donc beaucoup de choses véridiques dans ce livre.

  • lehavre.fr : Les femmes y trouvent aussi une place particulière…

B.S. : L’ histoire a longtemps été écrite par des hommes. Les femmes ont de ce fait vu leur rôle décrit sous un angle parfois misogyne, se voyant régulièrement assimilées à des « traînées ». Il suffit de penser à Aliénor d’Aquitaine ou encore Cléopâtre, que je rencontre dans mon livre. J’ai voulu restaurer leur influence, y compris dans l’histoire de l’art avec Artemisia Gentileschi, héritière longtemps oubliée de l’école du Caravage.

  • lehavre.fr : Vous revenez au Havre en janvier. Quels sont vos sentiments pour cette ville ?

B.S. : J’ai vécu un an au Havre, ou plutôt deux mois par an pendant les six années de la série Deux flics sur les docks. Cette ville me touche, j’ai adoré y tourner et j’ai pu la découvrir sous tous ses aspects. J’ai aimé aussi travailler avec ses habitants. Je reviens au Havre dès que je peux, aussi parce qu’il y a une magnifique librairie où je suis toujours très bien accueilli. La magie du Havre opère dès que l’on passe le pont de Tancarville, en arrivant de Paris. L’estuaire et ses lumières rendent la ville tellement photogénique ! Je me réjouis de ce prochain séjour.

Rencontres avec Bruno Solo
Rencontre à la librairie La Galerne, mercredi 10 janvier à 18h
Rencontre et discussion à la salle James de Coninck, jeudi 11 janvier à 16h
Le Voyageur d’histoire - 240 pages - 18,90 €