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Culture

Noémi Pujol, artiste invitée à exposer à l’hôtel Dubocage de Bléville

Amoureuse du Havre, l’artiste Noémi Pujol présente « Quai du Brésil », une exposition hommage à la ville, à l’hôtel Dubocage de Bléville. Elle sera présente les 19 et 27 novembre pour en discuter avec les visiteurs.

Publié le 16/11/2022

  • lehavre.fr : Comment est née l’exposition « Quai du Brésil » ?

Noémi Pujol : Cette exposition s’est installée grâce à une amie qui travaille au Havre dans l’import-export et qui m’a mise en relation avec les conservatrices de l’hôtel Dubocage de Bléville. Au départ, j’envisageais de présenter des peintures, ma principale pratique artistique, mais je me suis orientée vers la photographie. C’est un hommage au Havre qui s’égrène dans le temps, de 1982 à 2002. Il n’y avait pas de projet de réaliser un travail sur Le Havre derrière ces clichés, il s’agit juste de prises de vue instantanées, de lieux et situations qui m’ont touchée. Je présente ce que j’ai aimé, fruit d’une rencontre entre ce que je voyais et moi-même. Ces photos sont des moments d’illumination, dans cette ville qui m’a portée à de nombreux niveaux.

  • lehavre.fr : Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Le Havre ?

N.P. : Je suis du Nord. Je suis arrivée de Dunkerque et de Lille, puis par Étretat. Ma rencontre avec Le Havre relève du hasard, lors d’une visite impromptue en 1982. Plus tard, en 1987, je m’y suis installée, jusqu’en 2017. Ma pratique artistique y était plutôt orientée vers la peinture mais aussi les collages, les assemblages et la photo. Je ne suis pas une photographe professionnelle. Je me définirais plutôt comme une artisane. Cette ville surprend, et il faut décoder ses couleurs, ses espaces. Le Havre, c’est aussi l’Ouest, là où l’on a le dernier soleil et une exposition océanique. J’ai toujours été attirée par l’élément portuaire, ayant moi-même été élevée dans des ports.

  • lehavre.fr : Vous avez été très active au Havre, très impliquée…

N.P. : J’ai en effet créé le parcours photographique Are You Experiencing en 2007, faisant venir des photographes connus pour mieux parler de la ville et la faire connaître. J’avais envie d’événements ponctuels, rassemblant du monde. Après un démarrage confidentiel, le festival a très vite grossi, notamment grâce à l’implication de partenaires locaux, permettant de faire rayonner la photo dans un nombre croissant de lieux, ce qui a généré de nombreux échanges et rencontres. Le Havre a été un vrai stimulant. Mon unique regret est qu’il n’y ait pas eu plus d’interactions entre nos actions et le milieu maritime, les navires notamment, moi qui les aime tant.

  • lehavre.fr : Vos photos expriment une sorte de nostalgie. Comment voyez-vous l’évolution contemporaine de la ville ?

N.P. : Il s’agit de photos argentiques exclusivement, toutes retirées récemment à partir de négatifs pour une présentation homogène, ce qui explique leur grain moins précis que pour des photos numériques. Elles sont moins nettes, moins découpées. Cela peut surprendre le visiteur. Il s’agit d’instantanés, de moments entre moi et cette ville qui continue de me porter. J’observe les changements qui interviennent dans la ville de manière concrète. Suite aux attentats de 2001, le port a été grillagé pour des raisons de sûreté, ce qui nous prive de la proximité avec les installations et les navires. La ville s’est modernisée. Il y a aujourd’hui moins de friches, de terrains vagues, notamment dans le quartier de l’Eure où chacun pouvait observer ces usines ou hangars désaffectés. Ces zones « entre-deux » offraient des scènes visuelles étonnantes. Les photos de l’exposition témoignent de la disparition progressive et inéluctable de lieux et quais qui sont réaffectés. Ce sont des éléments de poésie qui s’effacent, car on pouvait ressentir le passé dans ces lieux qui piquaient la curiosité. Deux textes poétiques libres accompagnent d’ailleurs l’exposition où je serai heureuse d’accueillir les visiteurs à deux occasions.

Plus d'infos sur l'exposition 

Les formes de la ville et les figures qui la traversent inspirent ses compositions picturales et photographiques. Après les expositions « Biette » et « Constant » et à travers un médium différent, mais toujours lié aux arts graphiques, « Quai du Brésil », propose aux publics de l’Hôtel Dubocage de Bléville, familiers ou étrangers à la ville, de porter, à travers le travail de Noémi Pujol, un regard différent sur le territoire. Plusieurs rencontres avec l’artiste sont programmées pendant cette période d’exposition. « Quai du Brésil » est aussi le nom d’une de ses photographies, présentées à l’occasion de l’exposition.

Plusieurs temps forts sont également proposés autour de cette exposition :

  • Samedi 19 novembre et le dimanche 27 novembre à 15h30 : Présentation sur place de l’exposition par Noémi Pujol
  • Vendredi 18 novembre 2022 à partir de 18h30 : vernissage en présence de l'artiste

Exposition "Quai du Brésil"
Du samedi 19 novembre 2022 au lundi 2 janvier 2023
Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 45 à 17 h 30
Fermé les 25 décembre et 1er janvier
Entrée libre et gratuite, sans réservation, dans la limite des places disponibles.

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