Entretien
Culture

Sarah McCoy : "Ma musique s'apparente à un oreiller dans lequel je crie"

La pianiste-chanteuse américaine inaugurera la saison des Vendredis Magic le 16 février prochain
Sarah Mc Coy (blues-jazz)

Le 16 février 2018, la pianiste-chanteuse américaine Sarah McCoy inaugure la saison annuelle des Vendredis Magic proposée par le Magic Mirrors. Rencontre avec une artiste hors-norme.

  • lehavre.fr : Comment caractériser votre musique ?

S.M. : En général, je ne définis pas ma musique en termes de genre parce que je ne souhaite pas la figer dans une classification trop étroite. Même si je sais qu'il y a des répertoires avec lesquels je me sens plus à l’aise, je continue à jouer sur des registres différents. Je tente toujours d’adapter ma musique à l’environnement dans lequel je suis. L’endroit où je me trouve influence ma façon de composer, de jouer et de chanter. Si je devais définir ma musique, ce ne serait pas un genre, mais plutôt une attitude. Ma musique s’apparenterait à un oreiller dans lequel je crie !

  • lehavre.fr : Quelles sont vos principales influences musicales ?

S.M. : Il serait assez facile pour moi d'égrener la liste de mes artistes préférés qu’on peut retrouver sur les pages de mes réseaux sociaux. A mes yeux, l’influence musicale est plus vaste que le simple énoncé de ce "Who's who" personnel. Il faut notamment évoquer l’importance des impressions sonores glanées dans des cafés ou d’autres lieux. C’est là que je puise ces détails précieux qui m’aident à créer une musique émotionnellement juste. Pour nourrir mon travail de composition, ces influences de la vie quotidienne sont aussi importantes que les musiques écoutées pendant mon temps libre.

  • lehavre.fr : Pourquoi faire le choix de composer vous-même la musique de vos chansons ?

S.M. : Je ne fais pas que jouer et chanter de la musique. J'écris aussi les paroles de toutes mes chansons. Il existe donc un lien extraordinaire entre les images et les émotions que je crée avec mes mots, et leur relation avec la musique qui les porte. Mon inspiration vient souvent de sources non musicales. Par exemple, je m’assois devant mon piano pendant des heures à contempler mentalement des images et/ou des sensations telles que l'odeur et la texture du goudron, la poussière, les couleurs du ciel. A moi ensuite de les traduire en musique et de trouver les arrangements musicaux puis les mots capables de vous transporter vers ces endroits.

  • lehavre.fr : Où trouvez-vous l'inspiration des textes de vos chansons ?

S.M. : Je n'ai jamais rencontré un écrivain n'utilisant pas les événements autobiographiques de sa vie comme source d'inspiration. Alors, oui, bien sûr on retrouve dans mes chansons des accents mélancoliques et mes ressentiments nés souvent d’événements malheureux. Mais fort heureusement, et de manière tout aussi importante, des notions comme le pardon et l'amélioration de soi occupent aussi une place dans ma composition lyrique.