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Simon Bernard, responsable de l’expédition Plastic Odyssey

Natif du Havre, Simon Bernard entamera, avec son équipage et un navire flambant neuf, une expédition de trois ans autour du monde pour prévenir les rejets de déchets plastiques et favoriser leur recyclage au moyen de techniques simples. 

Il interviendra dans le cadre du LH Forum 2021, lors de la table ronde intitulée "Quand l'homme doit s'adapter à l'océan", qui aura lieu jeudi 23 septembre de 16h15 à 16h55.

  • LH Océanes : Depuis quand travaillez-vous à votre projet d’expédition ?

Simon Bernard : Depuis mes études à l’École Nationale de la Marine Marchande. Lors d’une escale à Dakar, j’ai remarqué des gens qui réutilisaient les déchets plastiques pour créer de nouveaux objets. Sensible à la pollution émise par les villes côtières des pays où n’existent pas d’infrastructures de recyclage, j’ai décidé de promouvoir des solutions techniques simples à mettre en œuvre pour traiter les plastiques qui polluent la mer. J’ai lancé Plastic Odyssey qui vise aussi à prévenir la production et l’usage du plastique en lui trouvant des alternatives : agir à terre pour réduire la pollution en mer.

  • LH Océanes : Quel sera exactement l’objectif de votre expédition ?

S.B. : Note nouveau navire, entièrement financé par nos sponsors, est en cours d’achèvement à Dunkerque. Véritable laboratoire et démonstrateur, il embarque des machines de recyclage qui peuvent être reproduites facilement, sans brevet, là où nous ferons escale. L’objectif est d’accueillir à bord des entrepreneurs des pays où nous accostons pour qu’ils puissent expérimenter nos solutions et les leurs. La finalité est que des mini-centres de recyclage ou de production de carburant à partir des déchets plastiques puissent éclore. Leur multiplication aurait un impact durable sur les rejets.

  • LH Océanes : Votre bateau donne-t-il l’exemple ?

S.B. : C’est un laboratoire de solutions. Il héberge un conteneur de pyrolyse, méthode de transformation du plastique en carburant, que nous utiliserons sur des moteurs tests pour fournir l’énergie aux machines de recyclage embarquées et au bateau. Si nous obtenons l’agrément des assurances, il pourra servir à notre propulsion. Mon rêve est d’aborder l’île déserte Henderson, dans le Pacifique Sud, où sont échouées quinze tonnes de déchets plastiques pour les ramasser et produire du carburant. Par ailleurs, la vingtaine de membres d’équipage va montrer que l’on peut vivre sans plastique, là encore grâce à des alternatives.

  • LH Océanes : Quel est raisonnablement votre espoir d’amélioration ?

S.B. : Toute l’équipe est impatiente d’essaimer nos solutions autour du monde. Faciles à mettre en œuvre, elles peuvent rapidement changer la physionomie des plages et des côtes. De plus, les projets incubés à bord durant nos escales pourront être aidés dans leur financement et leur mise en œuvre grâce à l’équipe que nous montons actuellement en ce sens. Cette année déjà, trois projets vont être menés à bien en Afrique et en Indonésie. C’est tout un écosystème de partenaires qui se forme à l’échelle mondiale. Plastic Odyssey sert d’ambassadeur. Le bateau n’est pas encore parti que l’on nous contacte déjà du monde entier !

Découvrez le programme DU LH Forum 2021

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