Entretien
Culture

Sinclair au Magic Mirrors : le retour aux sources

L'artiste de passage au Havre dans le cadre de sa tournée 2016
Sinclair en tournée au Magic Mirrors : le retour aux sources

Après plusieurs années loin de son public, l’artiste retrouve la scène avec une tournée qui s’arrête au Magic Mirrors le 17 juin 2016. Rencontre.

  • lehavre.fr : Ça fait plaisir de voir revoir sur scène. Vous n’avez pas trouvé le temps long depuis 8 ans ?

Sinclair : C’est vrai que ça fait long, même si, en même temps, j’avais vraiment besoin de faire autres choses. J’avais besoin de prendre un peu de recul avec mon quotidien de l’époque. Aujourd’hui, le retour n’en est que meilleur et depuis le mois de novembre et mon retour sur la scène d’Arles, je suis excité comme jamais ! C’est vraiment tripant. Je retrouve des sensations. J’adore !

  • lehavre.fr : Comme si vous n’aviez jamais arrêté ?

Sinclair : Pas tout à fait car, en 8 ans, j’ai changé. J’ai eu du temps pour prendre du recul sur ma vie, sur ma musique, mon entourage etc…J’ai traversé des moments de bonheur, de doute. Je me suis retrouvé au fond du trou. Toutes ces périodes m’ont changé. Aujourd’hui, j’ai une idée plus claire, plus précise, de ce que je veux faire, de ce que je veux transmettre au public. J’ai évolué tout simplement.

  • lehavre.fr : Et comment cela se manifeste lorsque vous êtes sur scène ?

Sinclair : Le fait d’être jury dans une émission de télé crochet (ndlr : Nouvelle star sur D8) m’a notamment fait prendre conscience que l’essence même de mon métier c’est la fraicheur et la sincérité. Cette faculté à chanter quelque chose qui nous ressemble, que l’on ressent. C’est un privilège parfois d’être spectateur de l’éclosion d’un talent. De voir quelqu’un qui chante, non pas parce qu’il aime ça, mais parce que ça lui fait du bien !

  • lehavre.fr : Vous revenez donc sans appréhension ?

Sinclair : Bien sûr qu’il y a de l’appréhension. On se pose beaucoup de questions quand on s’apprête à remonter sur scène après un break si long. «  Est-ce que ça va le faire ? », « Est-ce que j’aime encore ça ? ». Vous savez, monter sur scène n’est jamais quelque chose d’anodin. Il faut aimer se mettre en danger car on évolue sans filet ! Le public réagit immédiatement. C’est un endroit violent et indomptable. Un artiste ne peut jamais prédire la réaction d’une salle. Il y a toujours le trac de ne pas savoir comment cela va se passer. 

  • lehavre.fr : Si c’est si difficile, qu’est-ce qui vous a poussé à revenir ?

Sinclair : L’envie tout simplement. Je n’ai jamais cessé d’écrire et j’avais secrètement le souhait de revenir, il fallait juste que l’occasion se présente. Il fallait une étincelle. Elle est arrivée en fin d’année dernière lorsqu’on m’a proposé de venir jouer pour les 20 ans d’une salle de concert à Arles. J’ai remonté un groupe et une fois sur scène, c’est devenu une évidence. Tout était reparti !

  • lehavre.fr : Vous voilà aujourd’hui reparti sur la route ?

Sinclair : Oui, mais je vois ça de manière différente. On ne se met pas de pression. Nous ne nous sommes pas lancés dans une tournée de 60 dates et croisant les doigts pour que les salles soient pleines chaque soirs. Nous avons quelques dates de bookées et prenons les choses comme elles viennent. C’est une reprise de contact avec le public. Les concerts sont un mélange de nouvelles chansons qui figureront sur le nouvel album et d’anciennes que le public aime entendre. Je veux faire les choses en douceur.

  • lehavre.fr : Et ça se passe bien ?

Sinclair : Super bien ! Le public est présent et me redonne confiance. Il me conforte dans ma décision d’être remonté sur scène.

  • lehavre.fr : Un dernier mot enfin sur la disparition de Prince, un artiste pour lequel vous n’avez jamais caché votre attachement ?

Sinclair : La disparition de Prince est un vrai choc pour moi, mais pour toute la musique également ! Il était ma référence. Prince, c’est l’artiste qui m’a donné envie de sécher les cours pour chanter. Il incarne la référence ultime en matière de musique.  Lorsqu’il a sorti Purple Rain en 1984, il a revisité un type de musique comme jamais personne ne l’avait fait auparavant. C’est un titre qui, à sa sortie, plaisait à tout le monde. Il était le dernier génie de la musique et on n’en verra jamais plus car il a tout réinventé !