Portrait
Sport

Violette FAUDEUX, championne de France de gymnastique

Violette Faudeux, jeune Havraise de 11 ans, est devenue en mai dernier, à Miramas, championne de France de gymnastique de sa catégorie. Rencontre avec une jeune fille particulièrement mature et au mental d’acier.

Publié le 15/09/2023

  • lehavre.fr : Violette, comment as-tu commencé à la gym ?

Violette Faudeux : Quand j’ai eu trois ans, mes parents ont souhaité que je pratique un sport. À cet âge-là, il n’y en a pas beaucoup ! Ma maman a été entraîneure de gym, elle m’a donc inscrite… mais ne m’a jamais entraînée. J’ai commencé l’éveil, la motricité en baby-gym, puis j’ai continué. Mon entraîneure actuelle, Océane Daguet, s’occupe de la section « performance » dans mon club, le Groupement Gymnique Havre et Banlieue (GGHB). Pendant les cours, elle regarde et fait passer des tests aux filles pour former une équipe. Mais après, il faut continuer à travailler.

  • lehavre.fr : Justement, combien d’heures par semaine t’entraînes-tu ?

V.F. : Normalement, 18 heures par semaine, et cela peut monter à plus de 20 heures selon la période. Avec mes copines de la gym, nous sommes dans la même classe et nous bénéficions d’horaires aménagés (NDLR : commentaire du papa : « Pour l’instant, Violette suit très bien en cours. Si elle n’a pas de bonnes notes, ce qui n’est jamais arrivé jusqu’à présent, c’est la gym qui en pâtira en premier. »). Océane vient nous chercher à la fin des cours pour nous emmener au gymnase. Nous sommes tous les jours ensemble, c’est une deuxième famille. Les entraînements se font en équipe, même si c’est un sport individuel. D’ailleurs, si j’ai obtenu un bon résultat, mes copines aussi ! Et j’ai une grosse pensée pour Maé, qualifiée comme moi pour le championnat de France mais qui s’est cassé le bras avant de partir.

  • lehavre.fr : Comment se qualifie-t-on pour le championnat de France ?

V.F. : Il faut participer aux championnats départementaux, interdépartementaux, régionaux… Ensuite, un classement est établi et les soixante premières sont qualifiées pour le championnat de France, où l’on concourt en individuel et en équipe. L’année dernière, nous avions été championnes de France par équipe en catégorie 10-11 ans.

  • lehavre.fr : Et comment se déroule la compétition ?

V. F. : Nous allons en salle d’échauffement, puis nous pouvons nous échauffer un peu sur l’agrès concerné. Ensuite, nous attendons d’être appelées une par une et nous faisons notre présentation. Nous ne sommes pas au courant des notes attribuées. Au début, il y a du stress, c’est une grande salle, avec beaucoup de monde et des personnes qui vont nous juger. Mais nous devons y arriver ! Lors d’une compétition, j’étais stressée et j’avais chuté. Maintenant, je me dis que je vais prendre agrès après agrès, avancer au fur et à mesure. Océane nous fait faire un peu de préparation mentale, de visualisation. À Miramas, je me sentais bien, je me disais que je devais être dans ma bulle, que les encouragements me feraient plaisir, mais que je ne les entendrais pas trop pour ne pas tomber ou encore plus stresser. Donc, j’ai essayé de faire abstraction de tout et cela n’a pas trop mal marché.

  • lehavre.fr : Quelle a été ta réaction à l’annonce du résultat ?

V.F. : C’était une vraie surprise ! Je me disais que ça ne pouvait pas être moi. Ils avaient un peu écorché mon nom de famille. Ma copine Lizéa m’a dit que oui. J’étais contente, mais en même temps, je pensais qu’elle le méritait aussi.

  • lehavre.fr : Comment devient-on une gymnaste de ton niveau et de celui de tes copines ?

V.F. : Il faut se donner à fond à chaque séance pour que le fruit de la passion soit récolté. Nous avons toutes nos qualités et nos défauts. À la gym, je ne suis pas souple du tout, mais musculairement, je suis plus forte. J’ai énormément travaillé parce que je suis passionnée, et je ne suis pas la seule.

  • lehavre.fr : Mais finalement, pour toi, que représente la gym ?

V.F. : Je sais qu’Océane va venir me chercher, que je vais passer du temps avec mes copines, pouvoir progresser dans certains agrès. Ce qui va compter, ce ne sont pas les titres ou la médiatisation, c’est le fait qu’il y ait des personnes avec moi. Nous sommes tous soudés, tous ensemble. Nous restons jusqu’au bout ensemble. La gym, c’est ma passion, cela sera pour toujours comme ça. La gym, c’est ma vie !