Exposition

Chambre noire de Patrice Balvay

Du 1 au 30 septembre 2017 - SONIC - CEM - Centre d'Expressions Musicales

Patrice Balvay est un artiste discret qui, après une formation Iwc Pilot's Replica à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (atelier Jean-Michel Alberola), s'est installé au Havre pour poursuivre une démarche rigoureuse et exigeante sur et avec la peinture : sa forme et son fond, sa profondeur et sa surface, ses principes d'illusions et de réalités, son histoire et son actualité. Plus récemment sont arrivés des dessins à la pierre noire qui cernent le motif, le volume, l'espace sans jamais l'atteindre et l'enfermer dans la surface de la feuille de papier. Ces dessins, parfois de grands formats, se sont ensuite confrontés aux peintures dans des compositions savantes qui interrogent ainsi notre rapport à l'image comme à la représentation.

En résidence au Fort, il mène en parallèle un travail de peinture figurative et un travail de dessin abstrait. Dans le cadre de « Un été au Havre 2017 », il est parti en résidence à Tokyo pour réaliser de très grands dessins de ses marches dans la ville. Dans un autre registre, « Chambre noire » est une exposition photos étroitement liée à la vie, à la naissance même du Sonic, pôle de répétition du CEM, à sa pérennisation dans le temps. « Après avoir installé mon atelier au Fort, on m’a remis pour quelques jours les clefs d’un ancien entrepôt enfouis, qui deviendra le Tube du Sonic. La lourde porte en fer donnait sur une vaste pièce voutée plongée dans le noir. A la lueur d’une torche j’ai percé l’obscurité. Les murs étaient couverts de graffitis : des pin up tracées au charbon de bois outrageusement fardées de craie verte, des noms gravés de soldats américains associés à une ville et à une date, des hommes portant chapeaux à larges bords tout droit sortis de comics. Je progressais avec une vive émotion, comparable à celle qu’on pu éprouver les découvreurs des grottes ornées du Paléolithique. »

À partir des images prises, il a remis en scène ces graffitis en les projetant une nuit dans son atelier, où un modèle déambulait à sa guise. « J’ai pris des photographies dans l’intention de m’en servir comme point de départ pour de futurs tableaux. Je suis resté longtemps sans trop savoir quoi faire de ces photographies documentaires non retouchées. Elles se suffisaient en tant que photographie : je ne voyais pas ce que pouvait rajouter la peinture. L’idée est donc venue de les montrer telles quelles. Pour accompagner ces photographies, quelques gravures récentes librement interprétées des graffitis, disparus, effacés, retournés définitivement dans l’ombre dont ils avaient surgi. »