Exposition

Dans le miroir de Danaé

Du 15 juin au 23 septembre 2019 Maison de l'Armateur

Après une exposition en 2017, autour de l’art  précieux contemporain, la ville du Havre souhaite poursuivre la confrontation entre le luxe ancien et contemporain, soutenant ainsi une production spécifique et rare. L’architecture d’exception de la maison de l’armateur, se montre intemporelle dans sa manière d’accueillir le faste.

C’est à David Belugou que nous devons  cette immersion dans les métamorphoses d’Ovide, s’attachant au mythe de Danaé, tant représentée par les peintres qui trouvaient ainsi l’occasion de laisser voir la nudité féminine dans le paroxysme de sa beauté (le Tintoret, Rembrandt, Fragonard ou encore Klimt). C’est en reprenant un procédé lui-même très à l’honneur au XVIIIe siècle, le verre églomisé, qu’il va pénétrer la maison de l’armateur dans l’expression de ses luxes.

"Travaillant l’or depuis des années sous sa forme la plus volatile - cette feuille d’or posée sur le verre puis gravée avec un stylet fin comme une épingle – j’ai toujours été fasciné par cette incroyable fécondation de l’humain par le minéral. Un minéral, qui plus est, travaillé par la main de l’homme sous forme de pièces de monnaie. J’y vois la métaphore parfaite de l’inspiration, éternel et obsédante navette entre le Divin et l’humain, l’informe et le fini, le théorique et le pratique, l’incréé et l’artisanal. Comme une mer s’évapore, devient nuage, puis se condensant devient pluie qui retourne à elle-même, l’inspiration de l’artiste s’ancre dans les mythes pour accoucher d’œuvres d’art qui féconderont d’autres imaginations, qui à leur tour paieront leur tribut aux aînés et aux mythes fondateurs… « Tribut » (dette) et « talent » (pièce de monnaie): nous parlons donc toujours de cette pluie de pièces d’or lorsque nous définissons ce qui rend chaque artiste à la fois débiteur et créancier de tous les autres depuis la caverne de Platon. L’or que je travaille rend hommage à cette éternelle Bourse solidaire ». David Belugou

Le parcours de la maison de l’armateur verra 17 œuvres en verre églomisé, se poser élégamment dans les pièces de la demeure. Certaines seront des objets d’art décoratif,  se confondant dans l’élégance du XVIIIe siècle, ou se nichant discrètement dans une vitrine, d’autres s’inscriront avec une présence plus affirmée dans des niches ou des méplats, comme des éléments architecturaux, sans déséquilibre des formes ou du tempo par rapport à la muséographie en place, lui apportant cependant une nouvelle poésie, une nouvelle harmonie. Le visiteur ne sera ni désorienté ni brusqué, mais emmené avec tact vers un art ancien aujourd’hui réintroduit par la main d’un artiste vivant.