Conférence / rencontre

Eichmann, médiocre criminel de bureau ou monstre ?

Les lundis de l'Université populaire

Le 4 février 2019 à 18:00 - Université du Havre

Lorsqu’on les rapproche, les arts et les sciences se complètent, s’illustrent, se contredisent aussi parfois, mais toujours au bénéfice de la réflexion, de l’ouverture, d’une vision en plusieurs dimensions. La complexité du monde d’aujourd’hui l’exige. C’est tout le sens de l’Université populaire que portent ensemble Le Volcan et l’université du Havre, depuis 11 ans maintenant. Ouverte à tous, en entrée libre et gratuite, cette manifestation propose tout au long de la saison plus d’une vingtaine de rendez-vous déclinés sous diverses formes : conférences, ateliers, rencontres dans un esprit « cafés citoyens »…  

On a reproché à Hannah Arendt d'avoir dressé un portrait très discutable de Eichmann dans l'essai qu'elle fit paraître en 1963, Eichmann à Jésuralem, rapport sur la banalité du mal, après avoir tenu la chronique de son procès dans le journal The New Yorker. Celui qui fut le responsable logistique de la Solution finale n'était-il qu'un médiocre criminel de bureau qui suivait aveuglément les ordres, comme on reproche à Hannah Arendt de l'avoir cru ? Ou fut-il au contraire un personnage cynique et manipulateur, prêt à simuler la médiocrité pour apparaître auprès des juges comme un simple rouage dans la machine criminelle ?

C'est là pour Hannah Arendt une antinomie stérile, qui ne permet pas de se confronter au mal sans précédent que fut le génocide des Juifs. Une lecture attentive de son essai permet à la fois de dissiper les critiques qui lui sont souvent adressées et de comprendre aussi pourquoi elles sont si tenaces.

Didier Carsin est professeur agrégé de philosophie. Il anime depuis 2007 l'association populaire de philosophie du Havre, PHILOPOP, dont les séances se déroulent deux fois par mois au lycée Claude Monet.