Conférence / rencontre

Journée internationale de rencontres

75e anniversaire du Débarquement et de la Libération du Havre

Le 7 septembre 2019 à 09:00 - Théâtre de l'Hôtel de Ville

Cette journée, ouverte à tous, propose diverses conférences et rencontres sur le thème de "La libération du Havre, dernière étape de la bataille de Normandie".

Matin : Le Havre – Bombardements de septembre 44 et Libération

Modérateur Andrew Knapp, professeur émérite d’histoire contemporaine de la France à l’Université de Reading (Angleterre).

  • Ouverture de la journée : Maire du Havre ou Élue à la culture et un représentant de la Région Normandie ?
    9h15 – 9h35
  • Présentation de la journée /Andrew Knapp
    9h35 – 9h45
     
  • L’opération Astonia dernière étape de la bataille de  Normandie ? / Andrew Knapp
    9h45 – 10h15

En quoi peut-on considérer la libération du Havre comme la dernière étape de la bataille de Normandie ? Tout d’abord, parce que Le Havre est la dernière grande ville de Normandie à connaître les joies mais aussi les douleurs de la libération, trois mois après le débarquement. Ensuite, parce que l’opération Astonia employait des techniques « perfectionnées » tout au long de la bataille de Normandie, notamment celle du bombardement massif comme préliminaire à l’assaut terrestre. Enfin, parce que le commandant britannique qui dirige l’opération, le lieutenant-général Crocker, est le même qui a piétiné devant Caen en juin-juillet. Après avoir évoqué ces éléments souvent méconnus de continuité, l’intervention dresse un court état des lieux des recherches sur le sujet avant de s’ouvrir sur le reste du colloque.

  • La défense passive au Havre son rôle en septembre 1944 / Sébastien Haule, ingénieur d’études au CNRS, UMR 8504 Géographie-cités
    10h15 – 10h35

Le 31 octobre 1942, la ville du Havre diffuse, sous la forme d’un opuscule, une note de service intitulée Défense Passive, plan B. Conséquence de directives de la Kreiskommandantur du Havre, ce plan est constitué par un ensemble de dispositions et de consignes à mettre en œuvre dans le cas où la région havraise viendrait à être isolée en cas d’attaque ou d’événements militaires imminents – y compris des bombardements aériens. Cette intervention reviendra sur la genèse du plan B de défense passive de l’agglomération du havre et sur son volet sanitaire, mis en place au printemps 1943. La mise en œuvre de ces mesures sera également abordée avec le  déclanchement du plan B le 4 septembre 1944 et les événements conduisant à la chute du camp retranché du Havre.

PAUSE à 10h45

  • Entre confusion et dissimulation : déconstruire les mythes liés aux bombardements et à la Libération du Havre / John Barzman universitaire-chercheur UMR 6266 CNRS IDEES
    11h15 – 11h35

Nombre de morts, visées alliées sur le port du Havre, étendue des dégâts, comportement de la mairie Courant et de l’occupant allemand, rôle de la forteresse, autant de sujets qui ont fait l’objet de traumatismes, d’approximations ou d’oublis et qui interrogent sur les raisons de leur émergence et de leur persistance.

  • Les paradoxes de la libération du Havre. Ses enjeux économiques et politiques, Claude Malon, docteur en histoire.
    11h45 – 12h05

On soulignera en premier lieu le paradoxe du nombre, qui apparaît lorsque l'on compare celui des Havrais, habitants ou victimes, pendant les deux guerres. L'enjeu est mémoriel.
Ensuite on s'interrogera sur le paradoxe économique, sur le rôle des entreprises pendant l'Occupation et la Reconstruction. Sont-ce les mêmes ? Pourquoi?
Enfin, on reviendra sur le paradoxe politique. Comment expliquer la désagrégation de la résistance havraise après la libération? Que dire des singularités et les habiletés politiques ? Quelle est la face cachée de la bataille mémorielle?

Après-midi : Enjeux mémoriels

  • Projection montage visuels : Coventry, Allemagne, Le Havre
    14h15 – 14h25
  • Introduction Andrew Knapp, modérateur.
    14h25 – 14h30
  • Mémoires locales des bombardements alliés : comparaisons franco-allemandes / Corinne Bouillot, maitre de conférences Université de Rouen.
    14h30 – 14h50

On a souvent considéré, en Allemagne comme en France, que les bombardements avaient longtemps été tabous. Si l’on passe des échelles nationales aux échelles locales, on constate pourtant que les traces mémorielles liées aux bombardements sont plutôt nombreuses, depuis la fin de la guerre, avec toutefois une diversité des situations qui sera présentée à travers l’exemple de quelques villes allemandes et françaises.

  • L’église Saint Joseph, église-mémorial, chef d’œuvre d’Auguste Perret / Françoise Gasté, docteur ès lettres.
    15h – 15h20
     
  • Le phénix et la cité : Nation, cathédrale et urbanisme à Coventry / Louise Campbell, professeur émérite, université de Warwick, Coventry.
    15h30 – 15h50

En juin 1944, l’architecte Basil Spence a été un combattant dans la bataille de Normandie. Son livre Phoenix at Coventry: the building of a cathedral -  publié en 1962 - a décrit le chagrin de cet architecte-soldat face aux dommages de guerre à l’église de Hermanville et celle de Ouistreham. Six ans après, Spence a commencé à dessiner la nouvelle cathédrale de Coventry, détruite par le Luftwaffe pendant l’attaque aérienne qui a effacé le centre historique de la ville.
Cette intervention présentera le rôle symbolique de cette cathédrale dans l’imaginaire britannique et ses relations avec la cité pendant les années de reconstruction.

  • Le dénombrement des victimes civiles au Havre – enjeux, projet et perspectives / Stéphane Lo Bruto historien, Pierre Beaumont, directeur des archives de la ville du Havre.
    16h -16h20

Autour de la place des victimes civiles au Havre, présentation des enjeux juridiques, historiques et mémoriels et présentation du contexte du travail réalisé (P. Beaumont).
Essai de dénombrement des victimes : état de la recherche et méthodologie (S. Lobruto).

16h30 - Débat et Conclusion