Exposition

Nuits électriques

Du 4 avril au 20 septembre 2020 - MuMa - Musée d'art moderne André Malraux

Dans le cadre de la nouvelle édition du Festival Normandie Impressionniste, le MuMa propose une exposition thématique sur les "Nuits électriques" dans la peinture.

Siècle majeur de transformations, le XIXème voit le paysage urbain nocturne évoluer avec l’apparition de l’éclairage artificiel. Longtemps obscure, la nuit s’éclaircit progressivement au gré de la lente amélioration des techniques. L’exposition « Nuit électriques » s’intéresse pour la première fois à la manière dont les artistes, partout en Europe, se sont emparés de ce sujet. Entre curiosité, fascination et nostalgie, les représentations de ces nouvelles expériences lumineuses révèlent en creux leurs préoccupations au cœur d’une période de profonds bouleversements qui s’étend de 1850 à 1914.

Début XIXème, les lanternes sont déjà largement remplacées par les réverbères à huile puis au gaz. Ce dernier s’impose à Londres et dans les grandes villes américaines, allemandes et françaises, avant d’être rapidement concurrencé par l’électricité avec l’invention en 1879 de la lampe à incandescence par Thomas Edison. Dès lors, l’Europe et l’Amérique s’enthousiasment pour la « Fée électricité », synonyme de progrès, d’énergie et de vitalité. Passages, boulevards, immeubles, grands magasins, salles de spectacles, terrasses des cafés… s’illuminent désormais de mille feux.

Ce n’est pourtant qu’à la veille de la Première Guerre mondiale que la lumière électrique se généralise réellement. Jusque là, les différents types d’éclairage cohabitent, diffusant dans le cœur des villes leurs ambiances diverses, complexes et variées. L’obscurité quant à elle, demeure par endroit. Au Paris lumineux s’oppose un Paris ombreux, celui des quartiers populaires, de la périphérie, où l’éclairage est beaucoup plus rare, inégal et discontinu. 

Les artistes, qui mettent au cœur de leurs préoccupations la question de la lumière, trouvent dans ces métamorphoses du paysage urbain nocturne un sujet de prédilection, comme en témoignent les 150 œuvres réunies - peintures, photographies, aquarelles, gravures, films - en provenance de grandes collections publiques et privées françaises et étrangères (musée d’Orsay, Bibliothèque nationale de France, Centre Georges Pompidou, musée départemental Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye, Fondation Bemberg à Toulouse, musée de l’Annonciade de Saint-Tropez, Tate, Victoria & Albert Museum, musée Thyssen-Bornemisza, Petit Palais-Genève, musée Kröller-Müller à Otterlo, musée National de Cracovie, musée des Beaux-Arts de Göteborg…).

Si Paris, « ville lumière » visitée par nombre d’artistes occupe naturellement une place importante, l’exposition s’intéresse plus largement aux grandes villes européennes tant il est vrai que cette mutation fascine les artistes du monde entier. Au fil du parcours, des peintres français majeurs tels Monet, Pissarro, Steinlein, Bonnard, Van Dongen, Sonia Delaunay… côtoient leurs homologues européens souvent méconnus du public français comme le Suédois Eugène Jansson, le Britannique Atkinson Grimshaw, le Polonais Jósef Pankiewicz ou  encore l’Espagnol Darío de Regoyos.

L’exposition est organisée avec le soutien exceptionnel du musée d’Orsay et de la Bibliothèque nationale de France.