Alerte : Ramassage des déchets au Havre : changement des dates pour certaines voies dès le 7 juin. Les riverains concernés seront avertis par voie postale.

Fermer
Exposition
Un Été au Havre

Philippe de Gobert. Du merveilleux en architecture au conte photographique

Un Été au Havre 2021

Du 29 mai au 7 novembre 2021 - MuMa - Musée d'art moderne André Malraux

Depuis le classement Unesco du centre-ville du Havre en 2005, le MuMa a accueilli une trentaine d’artistes photographes et vidéastes, français et étrangers, pour susciter et accompagner le changement du regard porté sur cette ville reconstruite.

Dans cette continuité, le musée invite cette année Philippe De Gobert (1946, Bruxelles) pour une grande exposition monographique qui nous plonge dans l’univers singulier et poétique d’un artiste féru d’architecture moderniste. Le parcours mêle ses propres photographies et maquettes à des documents d’archives qui révèlent ses références et inspirations. Du Havre devenu une véritable icône de la Reconstruction, Philippe De Gobert esquisse un autre visage, une sorte de double troublant, et réinvente l’histoire de sa renaissance.

Un Havre imaginaire

Philippe De Gobert a découvert Le Havre au printemps 2018. Il s’y est d’abord longuement promené, réunissant de la documentation sur le travail mené par l’architecte Auguste Perret et son équipe pour reconstruire la ville.
 
De retour dans son atelier bruxellois, et selon son mode opératoire habituel, il s’est mis à fabriquer des maquettes d’immeubles inspirés de ceux que l’on voit au Havre. De Gobert construit des maquettes de bâtiments, précise-t-il, « pour en comprendre le fonctionnement ». Pour autant, dans la série havraise, la maquette n’est pas une finalité, mais une étape dans le processus d’élaboration de l’œuvre : la photographie. L’artiste photographie en effet ses maquettes, parfois de l’intérieur, puis inversant le mouvement qui l’avait conduit à mettre le monde en miniature, il exécute de grands tirages pour retrouver une échelle propre au paysage, intégrant des fragments empruntés ou factices de la réalité.

Ce corpus, essentiellement constitué de vues d’intérieurs ou de paysages de front de mer, évoque un Havre imaginaire, saisi dans le silence et la pureté de sa naissance, vide, même si l’on distingue, ici et là, les signes discrets d’une présence humaine.

Un projet qui a pris de l'ampleur

Le projet de Philippe De Gobert a progressivement pris de l’ampleur. Aux premières œuvres qui évoquent une ville reconstruite, l’artiste a donné une suite, sous la forme d’un récit introductif. Imaginant les grandes étapes du chantier de la reconstruction du Havre, mais en s’affranchissant des contraintes de la vérité, introduisant librement des détails anachroniques, Philippe De Gobert réinvente une possible histoire sous la forme d’un « conte photographique ». Abandonnant le noir et blanc, ces nouvelles photographies, baignées d’une lumière crépusculaire, se teintent de couleurs. Comme surgies d’un passé déjà lointain, ces images fouillent dans nos mémoires, en convoquent d’autres, celles d’une ville rasée d’où émergeront petit à petit des cabanes de chantier, des lampadaires de fortune, puis des appareils de levage et les premiers bâtiments. On ne peut faire l’économie de ce rappel historique, semble dire De Gobert. Ces images sont nécessaires car elles sous-entendent l’immensité du défi à relever, soulignant ainsi la dimension épique de ce chantier. La présentation de cette nouvelle série havraise prend donc un aspect narratif que l’exposition souligne en respectant la vraisemblance chronologique.

Une vision très personnelle

Philippe De Gobert a imaginé un ultime développement à son propos. Sous l’apparence d’une digression qui prend la forme d’une longue introduction, l’artiste se dévoile dans ce qu’il désigne comme « un autoportrait en creux de ses passions ». Dans un cheminement qui associe des maquettes, des planches documentaires et des photographies, De Gobert révèle « sa vision très personnelle de l’architecture sous l’angle du merveilleux et de l’utopie » proposant un « choix de jalons dans l’histoire de l’architecture » moderne. S’esquissent ainsi les pans de son musée imaginaire où se côtoient avec la plus grande liberté, et non sans humour, des icônes de l’architecture moderne et les fantaisies les plus débridées de géniaux bricoleurs. De Gobert y affirme son « approche ludique et poétique de l’architecture avec ses maladresses et ses erreurs, concoctée avec sérieux par un artiste, sans la rigueur qu’y aurait appliqué un scientifique ou un historien de l’art ».
 
« Le merveilleux en architecture » devient cette longue introduction qui, embrassant les jalons tout personnels d’une histoire de l’architecture racontée par Philippe De Gobert, désigne Le Havre de Perret comme partie de ce musée imaginaire. Mais pour la première fois, l’ampleur et le foisonnement du sujet conduit l’artiste à développer un propos sous la forme d’un récit, le « conte photographique », comme une possible histoire de la renaissance du Havre.

En ouvrant son imaginaire et en plaçant Le Havre au sein de ce panthéon personnel et poétique, Philippe De Gobert ré-enchante notre vision du Havre.

Commissariat : Annette Haudiquet, Conservateur en chef du Patrimoine, directrice du MuMa

Réservation obligatoire jusqu'au 30 juin inclus, rendez-vous sur le site du MuMa pour plus d'informations