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Balade des escaliers côté mer : du funiculaire au Notre-Dame-des-Flots

Balade des escaliers côté mer
À pieds
2 h

Délimité par un dénivelé dénommé la "costière", séparant la ville haute de la ville basse, Le Havre compte près d’une centaine d’escaliers ayant tous leur propre histoire.

La position géographique du Havre est l’une des contraintes de son développement urbain : une ville basse limitée au sud et à l’ouest - respectivement par l’embouchure de la Seine et de la Manche -, puis au nord par le plateau de Caux dominant la ville de 80 mètres.

Dès le milieu du XVIIIe siècle, le dénivelé intermédiaire dénommé la "Côte", reçoit les pavillons et villas des grandes familles havraises. Outre l’aspect résidentiel, les points de vue hauts ont endossé un rôle militaire, utilitaire avant de devenir des lieux de détente et de loisirs.

Funiculaire
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Funiculaire

Le funiculaire de la côte surnommé « la ficelle » relie la rue Gustave Flaubert en ville basse à la rue Félix Faure en ville haute.

Inauguré en 1890, il mesure 343 mètres de long pour un dénivelé de 78 mètres. Initialement à vapeur, il ne prévoit qu’une voiture de 32 places et 12 déplacements par heure.
En 1911 il est électrifié. Endommagé par les bombardements de 1944, il est remis en service en 1946.

Aujourd’hui il comporte deux cabines tirées par un câble sur une seule voie avec évitement central et transporte environ 400 000 personnes par an.

Site de l'Amiral Mouchez : point de vue panoramique
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Site de l'Amiral Mouchez : point de vue panoramique

Ce point de vue aménagé sur les hauteurs du quartier des Ormeaux permet d’appréhender les différents ensembles urbains de la ville basse.
L’estuaire de la Seine est bordé à l’horizon, par les côtes basses-normandes d’Honfleur et de Deauville-Trouville, et sur sa rive nord par les installations portuaires et industrielles du Havre, dont les grues de chargement et les cheminées se découpent dans le paysage.
Outre la démarcation très nette, à l’Ouest, entre la ville du XIXe et ses toits d’ardoise à double pan, qui tranchent avec les toits terrasses et les îlots de la ville reconstruite par Auguste Perret, on distingue nettement au Sud les bassins historiques du XIXe siècle et les quartiers ouvriers qui les bordent. On comprend mieux pourquoi les grands négociants havrais de l’époque ont fait construire leurs demeures sur cette côte, d’où ils pouvaient voir les résultats de leurs activités.

Pavillon Latham
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Pavillon Latham

A partir du XVIIIe siècle, les négociants installent des pavillons sur la commune d’Ingouville, hors fortifications, avec jardins et vue sur la mer.
Le pavillon Latham, construit entre 1826 et 1842 à l’emplacement d’une ancienne ferme est, malgré quelques transformations,  l’un des rares témoins qui subsistent de cette époque  où les riches propriétaires habitaient ce que l’on appelle « la Côte ».

Carmel
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Carmel

Ce carmel est édifié en 1953 pour remplacer celui de la rue de Trigauville détruit afin d’aménager les voies d’accès au tunnel Jenner.
L’architecte Leroy conçoit des bâtiments très simples couverts de tuiles rouges : à droite la chapelle, au centre le mur sud du cloître, à gauche l’hôtellerie. Prient et travaillent dans ce monastère de la Transfiguration une vingtaine de Carmélites (religieuses catholiques).
Attention ce site n’est pas accessible au public !

Villa Le Bosphore
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Villa Le Bosphore

Datée de la fin du XIXe siècle, cette villa « néo-Renaissance », de brique et de pierre, est surmontée d’un toit à long pan, abritant une série de lucarnes.

Elle est habitée à cette période par Jules Siegfried, homme politique et négociant havrais. Né à Mulhouse en 1837, il incarne les valeurs d’un patronat paternaliste et social, prônées par Jean Dollfuss et les industriels alsaciens émigrants, après la guerre franco-prussienne.

En tant que maire, le plus jeune qu’ait connu Le Havre, il fonde en 1870 la Société havraise des cités ouvrières, qui réalise des logements sociaux comme la cité havraise et aménage le quartier ouvrier de l’Eure autour du boulevard de l’Amiral Mouchez. Il devient député puis ministre du Commerce et de l’Industrie. C’est à ce poste qu’il fait voter en 1894 la loi sur l’« Habitat Bon Marché » (HBM) en faveur du logement social.

Le quartier ne manque pas d’hôtes illustres puisque Félix Faure, importateur de cuirs et peaux, dont la villa se situait à l’emplacement actuel de l’institut Saint-Joseph, est devenu Président de la République, tout comme René Coty, avocat havrais et résident de la Côte.

Rue Gabriel Monod : poste de commandement
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Rue Gabriel Monod : poste de commandement

Durant la Seconde Guerre mondiale, les organes de commandement de la forteresse du Havre se situent sur les hauteurs du Havre, principalement le long de la rue Félix Faure et en contrebas de celle-ci.
A partir de 1942, les Allemands construisent plusieurs bunkers, la plupart dissimulés dans les propriétés réquisitionnées. Le poste de commandement est reconnaissable par son aspect massif et ses deux portes blindées. Il abritait les officiers de permanence ainsi qu’un important centre de transmission, relié à toutes les unités de la place et aux différents Etats-Majors. Il était défendu par d’autres ouvrages construits à proximité.

Rue d'Albion
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Rue d'Albion

Le quartier Saint-Vincent a été rattaché à la ville basse à la suite de la démolition des fortifications ordonnée à partir de 1852.

En parcourant ses rues étroites, le visiteur remarque de grandes demeures bourgeoises édifiées dans la seconde moitié du XIXe siècle. Certaines sont des maisons de négociants, reconnaissables par leurs toits surmontés d’un belvédère à terrasse destiné à guetter les navires.

Les Jardins Suspendus
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Les Jardins Suspendus

Les Jardins Suspendus s’inscrivent aujourd’hui dans le paysage havrais, comme un lieu incontournable offrant à ses visiteurs une découverte végétale et sensorielle. Inaugurés en septembre 2008, ce site exceptionnel, d’une surface de 17 hectares, surplombe la baie de Seine et offre des points de vue admirables sur la mer, le port et la ville.
Ancienne base militaire désaffectée, le fort de Sainte-Adresse, achevé en 1858, d’après la commande du ministre de la guerre de Napoléon III, est prévu pour repousser une attaque venant de la mer. Jusqu’à la 1ère guerre mondiale, il accueille différents bataillons d’artilleurs à pied. Un peloton de gendarmerie, puis de garde républicaine s’y succèdent dans l’entre-deux-guerres, avant d’être occupé par les Allemands en 1940, puis par l’armée américaine en 1945.
Passez désormais, la porte d’honneur du fort et empruntez la promenade haute pour découvrir les quatre jardins paysagers internationaux. Les serres de collection regorgent de trésors : plantes parfumées ou aromatiques, végétaux de tous les pays, orchidées, bégonias, succulente et bien d’autres espèces végétales exotiques.

Château des Gadelles
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Château des Gadelles

Seule la conciergerie-bibliothèque, conçue à l’imitation de l’Arco de Santa Maria de Burgos, subsiste d’un vaste projet de château de l’architecte parisien Pierre-Edouard Dumont.
Construite en 1886 en collaboration avec l’architecte Henri Toutain, comportant des structures métalliques de Gustave Eiffel pour la couverture, elle a été restaurée en 1996, inscrite partiellement au titre des Monuments Historiques en 1997, et depuis transformée en appartements.

Rue Claude Monet
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Rue Claude Monet

Un monument du sculpteur Jules Lagaë a été offert en reconnaissance de l’accueil fait aux réfugiés belges durant la Première Guerre mondiale.
Inauguré en 1924, en présence du futur roi des Belges Léopold III, il se trouvait alors sur le terre-plein de la digue nord ; mis à l’abri entre 1939 et 1944, il a été replacé sur un nouveau socle et érigé à cet endroit en mai 1955.

Statue Albert 1er
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Place Clémenceau : statue d'Albert 1er

D’octobre 1914 à novembre 1918, Sainte-Adresse devient la capitale provisoire du royaume de Belgique, alors envahi par les troupes allemandes.
Ce monument au Roi des Belges, Albert Ier, a été érigé en souvenir de cette époque en 1938.

Le Pain de Sucre
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Le Pain de Sucre

Le Pain de Sucre, baptisé ainsi à cause de sa forme, est un cénotaphe érigé en 1852 par la veuve du Général-Comte Lefebvre-Desnouëttes, décédé dans un naufrage sur les côtes d’Irlande le 22 avril 1822, après sept ans d’exil aux Etats-Unis.
Peint en blanc, Madame Lefebvre-Desnouëttes souhaitait que ce monument serve d’amer, c’est-à-dire de repère, aux marins. Inconsolable, elle a demandé à y être enterrée et y repose depuis 1880.

Villa nordique
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Villa nordique

Cette villa a été construite en assises alternées de briques et de galets à la fin du XIXe siècle.

En 1920, elle est recouverte d’un essentage de planches et agrémentée de balcons et d’un faîtage en bois découpé et peint qui lui donne un aspect nordique, d’où son appellation.

Notre-Dame-des-Flots
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Notre-Dame-des-Flots

Les marins vénéraient la Vierge Marie, dans les églises d’Harfleur et de Sainte-Adresse, sous le vocable de Notre-Dame-des-Flots.
Au milieu du XIXe siècle, l’abbé Duval-Pirou, curé de Sainte-Adresse, veut créer un lieu de pèlerinage au Nord de l’estuaire et fait édifier cette chapelle néo-gothique. Il fait appel à Théodore Huchon, architecte de la reine Marie-Christine d’Espagne. L’inauguration, le 11 septembre 1859, est suivie rapidement par la construction de deux chapelles latérales.
Au Nord, la chapelle Saint-Denis contient la tombe de l’abbé Duval-Pirou. Au Sud, la chapelle Saint-Henri, conçue comme le mémorial d’Henri Borgès de Silveira, aspirant de marine mort à Haïti, abrite son gisant et la sépulture de sa mère, Madame Brevillier, bienfaitrice de la chapelle.
Les ex-voto déposés par les marins et les plaques de marbre, malgré les destructions, couvrent les murs et les autels. Les vitraux du chœur et de la nef, verrières à médaillons de Théodore Bernard, représentent des scènes de la vie du Christ et de la Vierge.

Le manoir Vitanval à Sainte-Adresse
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Un peu plus loin...Villas du fond d'Ignauval

Le manoir de Vitanval, construit vers 1420 par Jehan de Wycheford, reçoit le fief de Vitanval du roi d’Angleterre Henri V. Catherine de Médicis et Charles IX y séjournent brièvement pour la signature du traité qui suit la reprise de la ville du Havre aux Anglais, le 28 juillet 1563.

Le Pavillon de la Solitude, de style néoclassique, est construit en 1785 par Paul-Michel Thibault, architecte des phares de la Hève et de la Maison de l’Armateur.

De ses visites à Sainte-Adresse, le naturaliste Charles-Alexandre Lesueur laisse des croquis des falaises et du vallon. Après un long séjour aux Etats-Unis, il se retire chez son neveu,
« 2 sentes des Hommes d’Armes » où le pavillon Lesueur est toujours visible.

Le journaliste Alphonse Karr, rédacteur de la revue satirique Les Guêpes, séjourne à Sainte-Adresse en 1839 dans une maison, à l’emplacement de l’Espace Claude Monet. Passionné de pêche, de voile et de jardinage, il y écrit plusieurs livres et reçoit ses amis, Alexandre Dumas, Frédéric Bérat, et même Adolphe Thiers.

La célèbre actrice Sarah Bernhardt réside de 1879 à 1885 à Sainte-Adresse où elle fait construire une villa de style éclectique, point de départ pour ses tournées aux Etats-Unis.

Un peu plus loin...les phares de la Hève
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Un peu plus loin...Phares de la Hève

En 1775, deux phares identiques, hauts de 17 mètres, avaient été élevés sur le cap de la Hève, par l’entreprise Thibault, sur les plans de l’ingénieur des Ponts et Chaussées Duchesne, témoignages de l’architecture du siècle des Lumières.

Ils remplaçaient la « tour des Castillans », très précaire et insuffisante pour assurer la sécurité de la passe. Les feux, tout d’abord entretenus au charbon, seront remplacés progressivement par des réverbères, puis par le système de lentilles de Fresnel en 1845. Ils ont été détruits en 1945.

Le phare actuel dû à l’architecte Henri Colboc a été mis en service en 1952. Il est haut de 28 mètres et domine la mer de 122 mètres et sa lumière peut être perçue à une cinquantaine de kilomètres.

Le cap de la Hève demeure un lieu de promenade attractif pour profiter de la vue sur la baie et l’estuaire de la Seine.