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Et l'UNESCO recréa Le Havre !

Hormis le Mont-St-Michel, Le Havre est le seul site normand à avoir obtenu le label UNESCO. Une distinction pour une ville qui cultive sa différence et sait faire valoir ses atouts.

© Philippe Bréard

En juillet 2005, Le Havre obtient la reconnaissance suprême pour son centre reconstruit inscrit désormais par l’UNESCO sur la liste très sélective des sites figurant au Patrimoine mondial de l’humanité. Cette distinction apporte une nouvelle dynamique, un nouveau regard sur Le Havre. Les particularités architecturales de la ville, longtemps décriées, sont désormais mises en lumière. A part le Mont-St-Michel, Le Havre est le seul site normand à avoir obtenu le label UNESCO.

Largement détruit par les bombardements de 1944, le centre-ville du Havre est l’objet après-guerre d’un grand chantier de reconstruction confié par l’Etat à Auguste PERRET, architecte de renommée mondiale. Ses principes architecturaux, qui régissent l’Atelier de la Reconstruction, trouvent leur influence dans des époques et courants très variés : antique, gothique, classique, moderne, nationaliste, hygiéniste. L’Ecole Perret s’inscrit dans la continuité de la tradition classique française, tout en y introduisant un esprit d’innovation technique et de recherche urbaine.

Le plan de reconstruction réussit le pari de s’inspirer à la fois d’un certain classicisme et d’une volonté de rationalisation et de modernisation de la cité. Il s’organise autour de trois lieux-phares, la place de l’Hôtel de Ville, la Porte Océane et le front de mer sud, reliés par trois grands axes remarquables par leur largeur et leur ordonnancement : l’avenue Foch, la rue de Paris et le boulevard François Ier. A l’intérieur de cette ossature primaire sont définis des îlots, dont la configuration forge l’identité du centre reconstruit et favorise une ville aérée, lumineuse, lisible et harmonieuse.

© OTAH / Hilke Maunder

Au centre de l’œuvre de Perret, se trouve le béton, à partir duquel l’architecture révolutionnera son courant dit du « classicisme structurel ». Le travaillant et cherchant à en perfectionner l’utilisation toute sa carrière durant, Perret peut, avec Le Havre, jouer toutes les partitions de son matériau fétiche. Le béton offre de multiples possibilités d’expression plastique. Les façades du Havre déclinent au fil des rues des bétons bruts, teintés, bouchardés, lavés, poncés, ajourés avec de multiples combinaisons. Elles témoignent également du langage architectural créé par Perret, entre un vocabulaire classique (colonne, chapiteau, entablement, corniches….) et des éléments qui ouvrent la porte au mouvement moderne (dissociation structure/façade, éléments préfabriqués, toitures terrasses…).

© Philippe Bréard

L’UNESCO a établi le classement du Havre au Patrimoine mondial en retenant que « le plan de reconstruction du Havre est un exemple exceptionnel et une étape importante de l’intégration des traditions urbanistiques à une mise en œuvre pionnière des développements modernes qui se sont produits dans l’architecture, la technologie et l’urbanisme ». L’UNESCO mentionne aussi que « Le Havre est un exemple d’après-guerre exceptionnel de l’urbanisme et de l’architecture, basé sur l’unité de la méthodologie et sur le système de la préfabrication, l’utilisation systématique d’une trame à module et l’exploitation novatrice des potentiels du béton ».
La Ville tient donc son classement à sa rarissime unité et son intégrité sur une zone exceptionnelle de plus de 130 hectares. Cette reconnaissance de la dimension universelle du patrimoine architectural havrais est la récompense d’un travail mené durant près de 10 ans par la Ville et le milieu des chercheurs en histoire de l’architecture. La Ville du Havre s’est considérablement investie dans la conservation et la restauration du bâti reconstruit, à travers la mise en place d’une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP), puis dans une démarche de valorisation et d’animation de ce patrimoine avec l’obtention du label "Ville d’art et d’histoire". C’est cette évolution préalable et la qualité du dossier de candidature qui permirent l’inscription du Havre sur la liste du Patrimoine mondial en juillet 2005 à Durban.