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La Gare SNCF

© Philippe Bréard

Une construction moderne de 1932

Dès 1919, Léon Meyer, nouveau maire du Havre, met en œuvre des projets pour l'amélioration de sa ville et notamment pour le remplacement de la gare qu'il « qualifie de hideuse ». Les architectes Charles Lemaresquier et Charles Genuys proposent de nombreux projets en 1921 et 1923, mais c'est finalement celui, de style Art déco, présenté par Henri Pacon en 1928 qui est choisi.

Les travaux pour la démolition de l'ancienne gare et la création de la nouvelle débutent le 28 avril 1931. Le 5 mai suivant a lieu une cérémonie pour la pose de la première pierre en présence notamment de Léon Meyer, maire de la ville et de Raoul Dautry directeur de l'Administration des chemins de fer de l'État venu de Paris avec ses invités dans un train transatlantique composé de nouvelles voitures pullman. Puis les autorités se déplacent à la gare maritime pour procéder à une deuxième cérémonie du même type avant de participer à un déjeuner sur le paquebot Île-de-France, offert par la Compagnie générale transatlantique. La construction est réalisée par l'entreprise « Coignet » du Havre.

Après dix-sept mois de travaux, avec un minimum de gêne pour le service, la nouvelle gare est ouverte le 1er octobre 1932. Son inauguration a lieu le 5 mai suivant en présence de nombreuses personnalités. Outre le député maire Léon Meyer, devenu également ministre de la Marine marchande, et Raoul Dautry, on remarque entre autres la présence du député René Coty (futur Président de la république), du sénateur Louis Brindeau (futur maire du Havre).

Le nouveau bâtiment voyageurs dispose d'un imposant hall voyageurs avec une façade monumentale en parallèle au cours de la République, face à la rue Jules-Lecesne pour atteindre l'axe du cours de Strasbourg. Il est prolongé par une aile triangulaire, qui abrite un buffet, puis une galerie qui relie le « beffroi », tour à base carrée de trente mètres de hauteur avec une horloge à quatre cadrans et surmontée d'un élément métallique éclairé le soir. Toutes les structures sont en béton recouvertes de différents matériaux, de la brique pour le beffroi, des plaques de comblanchien pour les autres surfaces planes et du granit gris pour les entourages des cinq grandes baies de la façade principale. Le grand hall des voyageurs est éclairé par les baies de la façade et par son plafond, de vingt-six mètres sur vingt-quatre, constitué de poutres sur lesquelles reposent des plaques de verre, situé à vingt mètres du sol. La tour est décorée d'un bas-relief en bronze, dû à Henri Poisson, et l'intérieur du hall par une mosaïque, d'après un carton de Jacques Simon, « La ville et le port du Havre » ; une deuxième, représentant le département, lui fait face. La grande halle des trains de la gare de Juste Lisch est restée pratiquement dans son état d'origine.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1942, la gare subit deux bombardements à un mois d'intervalle. Six bombes touchent les quais, trois la grande halle, deux le hall des voyageurs et cinq la façade, la galerie et la tour horloge. En 1949, la gare est remise en état. Pour agrandir le carrefour, le beffroi et la galerie sont détruits en 1963. L'œuvre en bronze d'Henri Poisson est sauvegardée et déplacée dans le hall des trains. En 2000, une tour horloge en métal est édifiée près du buffet en remplacement du beffroi.