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DÉMOS prépare la formation de son orchestre

Faute de pouvoir pratiquer la musique en groupe en raison des conditions sanitaires, le Dispositif d’Éducation Musicale et Orchestrale à vocation Sociale (DEMOS) continue de former chacun de ses élèves à la maîtrise de son propre instrument. Les petits Havrais attendent avec impatience de rejoindre un véritable orchestre.

Il paraît déjà loin, le temps des « tutti », moments de répétition en groupe où les petits musiciens du dispositif DEMOS pouvaient répéter ensemble, tous pupitres confondus. À défaut de pouvoir intégrer un véritable orchestre symphonique, les 90 élèves volontaires venus de 6 écoles havraises situées en quartiers prioritaires, ainsi que 15 élèves gonfrevillais, continuent de s’exercer par familles d’instruments, pour perfectionner leur maîtrise personnelle. Grâce aux exercices mis à leur disposition par les professeurs du conservatoire Arthur Honegger pendant le confinement, puis à la reprise des ateliers en petits groupes en septembre dernier, la motivation est toujours là, plus retentissante que jamais. Ils espèrent que les conditions sanitaires leur permettront bientôt de pouvoir mettre ce temps de travail individuel au profit d’une réalisation collective, à l’instar de leurs encadrants et des initiateurs du projet DEMOS au sein de la Philharmonie de Paris, dont c’était l’objectif de départ.

L’engagement au service du plaisir

Sous la houlette d’Éric Jacot, professeur au conservatoire, Cassandra apprend à maîtriser la contrebasse. Elle est scolarisée à l’école Ferdinand Buisson, au sein de laquelle 15 d’élèves de CM1 se sont portés volontaires pour profiter du dispositif DEMOS, afin d’apprendre à jouer des instruments de la famille des cordes, mis gracieusement à leur disposition : violon, alto et contrebasse. Sans avoir été initiés au solfège ni à la lecture des partitions, ces apprentis virtuoses, qui découvrent tout l’univers de la musique grâce au dispositif, s’approprient les notes et développent habileté, coordination et sens du rythme. Mais au-delà des compétences techniques, la pratique d’un instrument les sensibilise aussi à l’engagement et à l’importance d’un travail régulier : deux éléments essentiels pour obtenir des résultats, et atteindre un stade où la pratique devient fluide et revêt un réel plaisir.

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Cassandra à la contrebasse

Petite Cassandra et sa grande contrebasse

Si Cassandra était plutôt attirée par le violon de prime abord, elle explique s’être prise d’affection pour la contrebasse et sa sonorité très imposante. Elle n’a pas été effrayée par la taille de cet instrument, pourtant plus grand qu’elle, et semble s’en saisir avec une facilité déconcertante. « Ce qui me faisait peur au début, c’était surtout de la faire tomber ! Mais les fausses notes, ça va, car comme on est tous ensemble, ce n’est pas grave si on se trompe, chacun va à son rythme. » À l’écouter parler, on sent à quel point c’est gratifiant pour elle de savoir, après 2 ans seulement, jouer quelques morceaux toute seule et maîtriser l’instrument. Si elle regrette les temps de « tutti » qui lui permettaient auparavant de fréquenter des enfants d’autres écoles, elle a hâte de se produire sur scène avec l’ensemble des 105 élèves du projet : « En plus, il y aura nos maîtresses dans le public, alors on a envie de bien faire ! »

La contrebasse, en cordes frottées ou pincées
Si l’origine de la contrebasse a longtemps fait débat, il est aujourd’hui acté qu’elle appartient à la famille des violons et non à celle des violes de gambe. À l’origine réservée à l’usage de l’Église, où elle renforçait le registre grave de l’orgue, elle rejoint les ensembles symphoniques à partir de 1660. Très utilisée en musique classique et contemporaine, la contrebasse est également un élément essentiel des groupes de jazz, où elle fait partie de la section rythmique. Elle est ainsi jouée en pizzicato, c’est-à-dire en pinçant les cordes plutôt qu’en les frottant à l’aide de l’archet. On la retrouve aussi dans des styles allant du blues au hard rock, en passant par le tango et le rockabilly. Autre anecdote plutôt amusante : dans le milieu du jazz, les musiciens auraient familièrement l’habitude d’appeler la contrebasse « la grand-mère ». Ce surnom aurait pour origine le disque Piccolo, Saxo et Compagnie, célèbre pour avoir accompagné la pédagogie musicale des plus petits depuis les années 1950, qui racontait l’histoire d’une famille dont les différents membres étaient représentés par les instruments de l’orchestre symphonique.

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Cassandra à la contrebasse