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Portrait
Culture

Catherine Balet, artiste photographe, expose au Musée du Regard

La série « Looking for the Masters in Ricardo’s Golden Shoes » de Catherine Balet et de son modèle Ricardo Martinez Paz revisite les clichés iconiques de l’histoire de la photographie. Plus de 80 d’entre eux sont exposés au Musée du Regard.

Publié le 17/05/2023

  • lehavre.fr : Pouvez-vous nous parler du chemin qui vous a menée à cette série ?

Catherine Balet : J’ai été formée aux Beaux-Arts et me suis exprimée par la peinture jusqu’aux années 2000. J’assistais également mon compagnon photographe. Je me suis lancée dans cet art grâce au développement du traitement numérique, qui me permettait de contrôler mon image de bout en bout, sans intermédiaire. La photo était aussi pour moi un moyen de sortir de mon atelier, d’aller à la rencontre des autres, de découvrir le monde. J’ai publié plusieurs ouvrages de mes séries sur l’expression vestimentaire des adolescents ou encore la pénétration de la technologie dans notre quotidien, toujours en faisant des clins d’oeil à l’histoire de la peinture. Aujourd’hui d’ailleurs, je croise la peinture et la photographie dans mon travail. J’aime dresser des parallèles entre l’histoire de l’art, qui me passionne, et les phénomènes de société.

  • lehavre.fr : La série présentée au Havre s’inscrit-elle dans ce désir ?

C.B. : Tout a commencé en 2013 comme un jeu ou, plus sérieusement, un exercice de style. J’avais envie depuis longtemps de recréer la célèbre photo de Robert Doisneau, Les Pains de Picasso, avec mon ami styliste Ricardo Martinez Paz dont la ressemblance avec le peintre m’intriguait. Nous avons d’abord rendu hommage aux photographes exposés aux Rencontres photographiques d’Arles. Face à l’excellent retour des réseaux sociaux, nous avons décidé de réaliser ce projet pour partager notre intérêt pour l’histoire de la photo. La réalisation a duré deux ans et demi pour aboutir à environ 130 photos. L’idée est vraiment de rendre hommage à l’histoire de la photographie, depuis le premier autoportrait de Robert Cornelius, en 1839, jusqu’aux artistes contemporains.

  • lehavre.fr : Comment avez-vous identifié les clichés iconiques ?

C.B. : C’est le fruit d’une longue recherche qui m’a d’abord permis d’en sélectionner une soixantaine. J’ai ensuite élargi le spectre, notamment vers les clichés réalisés par des femmes. Je continue de travailler sur la série et deux nouvelles oeuvres seront présentées en avant-première au Havre !

  • lehavre.fr : Quel objectif visez-vous, au-delà de l’aspect documentaire ?

C.B. : Mon obsession est que le public ressente la même émotion que lorsqu’il regarde la photo originale. Cela passe par un minutieux travail de reconstitution, pour retrouver les lieux d’origine ou propices, pour dénicher les costumes, les figurants, recréer les décors morceau par morceau. Cela ne serait pas possible sans une profonde analyse de l’oeuvre, du photographe, de son histoire et du contexte initial. J’aborde chaque nouveau cliché avec beaucoup d’amour et avec le désir de pénétrer l’esprit de la photo, de capter son essence. Je découvre ainsi beaucoup de détails. Il s’agit donc d’un projet bienveillant auquel la plupart des artistes concernés sont sensibles. Le public apprécie également l’émotion et l’humour qui en émanent.

  • lehavre.fr : L’âge de Ricardo, et le fait que ce soit un homme, ne semble pas limiter votre travail. Comment l’expliquez-vous ?

C.B. : Tout d’abord, le projet n’avait de sens qu’avec Ricardo. Il est capable de jouer un petit enfant, une femme… Il va très loin dans l’interprétation du personnage. Son caractère rend les choses naturelles et il n’est jamais question de burlesque ni de grotesque. Quant aux chaussures dorées, qui donnent son nom à la série, il les porte toujours en esthète glamour. Elles sont le fil conducteur de cette histoire de la photo que l’on découvre pas à pas, l’or étant en outre une valeur refuge, comme les clichés iconiques.

Infos pratiques
Jusqu’au 15 juillet au Musée du Regard
Résidence le Blason, 9 rue Dumé d’Aplemont (accès rue de Bougainville)
Mercredi, vendredi et samedi de 14h à 19h