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Innovation

Découverte de l'aquaponie avec Arnaud Pigeon

Créateur et exploitant de la ferme aquaponique du Hangar Zéro

Au Hangar Zéro, un Havrais de 26 ans fait naître la toute première ferme aquaponique de la région havraise. Une aventure passionnante – et savoureuse – à la double dimension locale et durable.

  • lehavre.fr : Comment présenter l’aquaponie, activité peu connue du public ?

Arnaud Pigeon : Principalement développée dans des pays anglo-saxons, notamment en Amérique du Nord et en Australie, elle allie l’aquaculture, ou élevage de poissons d’une part, et l’hydroponie, ou agriculture hors sol d’autre part.

  • lehavre.fr : Qu’est-ce qui vous destinait à l’aquaponie ?

A.P. : Pas grand-chose à l’origine, si ce n’est l’envie d’être dans une démarche innovante pour la planète. Après un baccalauréat scientifique, j’ai intégré l’ISEL, école d’ingénieurs havraise dédiée aux métiers de la logistique. Une fois mon diplôme en poche, j’ai travaillé comme ingénieur de projets innovation pour un logisticien dans le sud de la France. Après avoir mis en place plusieurs méthodes innovantes, j’ai ressenti un besoin d’humain et de sens pour la planète.

  • lehavre.fr : Comment s’est imposée l’aquaponie ?

A.P. : Un reportage m’a fait découvrir cette activité émergente, parfaitement en phase avec le développement durable puisqu’il s’agit de produire en économisant les ressources, tant les sols que l’eau, et en jouant sur la complémentarité des deux activités de base pour créer un circuit vertueux d’interactions. J’ai décidé de devenir technicien supérieur en aquaponie afin de pouvoir à la fois créer et exploiter ma propre ferme. La Région Normandie, qui ambitionne de voir émerger plusieurs fermes sur son territoire, a été séduite par le projet et a financé ma formation.

  • lehavre.fr : Que doit-on savoir faire pour réussir un tel projet ?

A.P. : Bien le vendre, déjà ! (rires). Alors que j’étais plutôt mal à l’aise devant un auditoire, le fait de porter ce projet avec passion et de l’exposer devant des jurys d’associations – comme Les Déterminés – ou devant la Région, French Tech et bien sûr le Hangar Zéro, m’a donné confiance en moi. J’ai ainsi décroché plusieurs aides qui me permettent de mettre en place le projet et de le viabiliser sur ses premières années. Dans les faits, l’exploitation d’une ferme aquaponique impose d’être à la fois maraîcher, aquaculteur, technicien, chimiste de l’eau et gérant d’entreprise.

  • lehavre.fr : Pouvez-vous nous décrire la ferme ?

A.P. : Elle se déploie sur une surface restreinte de 170 m² environ, au Hangar Zéro. Le projet se compose d’abord d’un espace d’hydroponie sous serre, sous lequel s’élèveront tout au long de l’année trois niveaux de production dédiés aux légumes feuilles (salades diverses, moutarde…), aux fruits et légumes (tomates cocktail, poivrons, abricots…), aux fleurs comestibles et aux plantes aromatiques, soit environ 25 productions différentes. Les produits pousseront grâce aux nutriments captés dans l’eau d’élevage des truites, dont les aquariums sont eux aussi prêts à entrer en action. Il existera donc un couplage entre cet espace et celui d’aquaculture. L’élevage de truites fournira des filets découpés, fumés et conditionnés par mes soins. Relier les deux systèmes constitue un circuit de fonctionnement parfait puisque l’eau épurée de ses nutriments par les végétaux retourne vers les poissons, dans un cycle continu et durable. Je retrouve l’aspect innovant qui me passionne et qui a été récompensé par une bourse French tech Tremplin.

  • lehavre.fr : Comment sera commercialisée votre production ?

A.P. : Je proposerai bientôt mes produits – fruits, légumes, champignons pleurotes, truite fumée – toute l’année, en vente directe ou via des AMAP, aux consommateurs et aux restaurants, dont celui du Hangar Zéro. Un circuit vertueux, ultra frais, 100 % local !

  • lehavre.fr : Votre changement de vie a été très rapide en fait.

A.P. : Je suis étonné de constater à quel point tout s’est enchaîné. On peut parler d’un réel alignement de planètes qui a permis à mon rêve de voir le jour. Cela me remplit d’énergie et conforte mes objectifs. Je suis fier de mettre en place, avec le Hangar Zéro, une activité durable et commerciale au service du territoire. Ce projet donne un sens à ma vie.