Entretien
Un Été au Havre

"Je souhaite que les Havrais perdent leurs repères"

L'artiste Olivier Grossetête ouvrira la saison d'Un Été Au Havre avec les Cités oubliées, une immense ville éphémère en carton
L'artiste Olivier Grossetête ouvrira la saison d'Un Été Au Havre avec les Cités oubliées, une immense ville éphémère en carton

Éphémères et inoubliables ! Réalisées avec le concours de dizaines de bénévoles havrais, les Cités oubliées de l’artiste marseillais Olivier Grossetête offrent un week-end d’ouverture édifiant à l’édition 2019 d’Un Été Au Havre.

  • lehavre.fr : Comment s’est passée la rencontre avec Le Havre ?

Olivier Grossetête : Sur l’invitation de Jean Blaise, directeur artistique d’Un Été Au Havre, j’ai découvert une ville inattendue, d’abord par sa plage puisque c’est l’espace qui m’avait été proposé au départ, là où s’étaient ouvertes les deux premières éditions. Finalement, le quai de Southampton entièrement rénové offre un espace idéal à ma nouvelle création originale, entre la ville et son port, si étroitement imbriqués et qui ont agréablement surpris le Méditerranéen que je suis.

  • lehavre.fr : En quoi consiste l’œuvre et d’où vient son inspiration ?

O.G. : Mon travail consiste en la création de bâtiments en carton. Au Havre, c’est toute une ville qui va émerger grâce aux nombreux bénévoles. Inspirés de l’architecture Perret classée à l’Unesco mais aussi de l’environnement portuaire et de mon propre imaginaire, quelque 18 bâtiments éphémères surgiront, dont un phare, un silo, une tour des dockers ou une église Saint-Joseph. Et comme je souhaite que les Havrais puissent aussi perdre un peu leurs repères, d’autres bâtiments plus exotiques se dévoileront au cours de leur déambulation. Ah oui, n’oublions pas qu’il y aura aussi une surprise venue du ciel !

  • lehavre.fr : Comment les Havrais vont-ils pouvoir profiter de cette œuvre monumentale ?

O.G. : Beaucoup en auront déjà profité en participant à sa réalisation puis à sa construction durant 6 jours. Tous les autres sont invités à la parcourir, à entrer dans les bâtiments, à découvrir des espaces inattendus voire vertigineux : avec un point culminant à 36 m de hauteur, je bats mon record de construction qui était auparavant de 27 m. Au bout du week-end, les Havrais déconstruiront ce qu’ils ont édifié, clin d’œil à l’histoire de la ville et afin de désacraliser cette œuvre d’art : à mes yeux, le processus qui a conduit à sa naissance est tout aussi important que le résultat final.

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